Violence domestique : «Si pena denonciation nu pa kapav agir»

Violence domestique : «Si pena denonciation nu pa kapav agir»
Fazila Jeewa-Daureeawoo évoque une série de mesures pour encadrer les victimes de violences domestiques

La violence domestique est un fléau « très grave » qui affecte la société. De janvier à septembre 2018, 3 221 cas de violence domestique ont été rapportés impliquant 2 508 femmes et 173 hommes. Et 176 femmes ont demandé un ‘protection order’ contre leurs conjoints. Dans le cadre de la journée internationale pour l’élimination de la violence à l’égard des femmes célébrée le 25 novembre prochain, la Vice-première ministre et ministre de l’Égalité des Genres, de la Famille et du Developpement de l’enfant, Fazila Jeewa-Daureeawoo, met l’accent sur l’importance des victimes de dénoncer leurs agresseurs pour éliminer le taux de violence domestique dans la société. Fazila Jeewa-Daureeawoo a également évoqué une série de mesures que le Premier ministre et son ministère comptent implémenter pour encadrer les victimes et les aider à s’en sortir.

«La loi ce zis enn parti la batay.. bizin enn travay colektif ek lezot bann mezir pu ressi amenn sa lalit la», a déclaré Fazila Jeewa-Daureeawoo, lors d’une conférence de presse à l’hôtel Labourdonnais à Port-Louis ce jeudi après-midi. Elle a affirmé que le Premier ministre, Pravind Jugnauth et son ministère sont préoccupés par ces cas de violence et comptent venir de l’avant avec une série de mesures pour encourager les victimes à dénoncer leurs époux ou conjoints. Toutefois, la Vice-Première ministre conçoit que pour ce faire il faut la collaboration des victimes pour que le travail soit un succès. «Si pena denonciation nu pa kapav agir». D’ailleurs, Fazila Jeewa-Daureeawoo a souligné que la Domestic Violence Act a été amendée en 2016 pour augmenter les amendes. Elle a également annoncé, qu’au sein du ministère, une somme de Rs 45 millions a été allouée à la violence domestique.

Par ailleurs, Fazila Jeewa-Daureeawoo, affirme qu’il y a une évolution au fil des années et que les victimes commencent à dénoncer leurs agresseurs. Toutefois, elle soutient que le ministère peine à établir une bonne base de données pour faire le suivi des cas de violences domestiques car les victimes se désistent et refusent d’aller de l’avant avec le procès. Cette dernière lance donc un appel aux femmes à ne pas avoir honte de dénoncer leurs agresseurs. Fazila Jeewa-Daureeawoo parle d’ailleurs de l’impact de la violence domestique sur les enfants, qui en grandissant, auront tendance à reproduire cet acte de violence dans leur foyer. C’est dans ce contexte que dans les mois qui suivent, le ministère prévoit une campagne de sensibilisation qui consiste en des causeries, des émissions de radios et des débats, entre autres, à travers l’île pour toucher le plus de personnes possible.

Licence en journalisme, spécialée dans les médias numériques, de l’Université de Maurice. Spécialité: dossiers et actualité générale.