ActualitésVideo

22 zan plitar dir mwa kisana inn touye Kaya » lance Véronique Topize

Lundi prochain, Maurice rendra hommage à un roi. Celui du seggae, tué le 21 février 1999, alors qu’il se trouvait en détention policière à Alcatraz aux Casernes centrales, à Port-Louis.

Kaya, de son vrai nom Joseph Réginald Topize, avait alors 38 ans… Depuis, 22 années se sont écoulées et bien des questions restent encore aujourd’hui, hélas, sans réponses.

Si récemment le conseil des ministres a pris la décision de décréter ce jour comme étant la Journée nationale du seggae, en mémoire de son créateur, nous avons voulu savoir ce qu’en pense sa veuve.

D’emblée, Véronique Topize, dit accueillir favorablement cette démarche. Elle précise avoir toujours eu un grand respect pour son défunt mari dont la musique, dit-elle, les textes, les paroles, le style vestimentaire, la coiffure, pour n’en citer que moindre, l’ont toujours fasciné. Kaya, poursuit-elle, s’est toujours donné à fond dans « sa mission.»

Toutefois, en tant que veuve, ce qu’elle aimerait c’est obtenir des réponses. Son deuil, Véronique Topize, raconte n’avoir jamais pu le faire faute de savoir qui a tué son mari et dans quelles circonstances il a poussé son dernier souffle.

Au micro de Santana Ponceneau, elle demande, 22 ans après : « mo enkor envi conné kisana inn touye kaya. » Si chaque année, des évènements sont organisés pour commémorer l’artiste, son épouse ne compte, quant à elle, toujours pas y participer. Pourquoi ?

« Que quelqu’un vienne me dire qu’il fera enfin la lumière sur le décès de Kaya. Qu’il m’apporte des réponses qui me permettent de faire, une fois pour toute, dignement mon deuil dans le respect et la paix. » Véronique Topize, souligne que ce sentiment de révolte qui se trouve en son âme depuis la disparition de Kaya, ne lui permet pas de passer le cap du deuil. « Mo pa kapav déklar bliyé ! »

Tous se demandent ce qu’il s’est passé ce jour-là. Le 18 février 1999, Kaya est emmené en détention par le sergent Mootoosamy de la CID centrale, après avoir été arrêté pour avoir consommé, deux jours plus tôt, du cannabis lors d’un concert. L’affaire avait été repris en polémique par deux journaux, dont l’Express, demandant au gouvernement d’alors pourquoi le chanteur qui avait fumé de « l’herbe » était toujours en liberté.

Il est jugé le vendredi 19 février de la même année et obtient la liberté sous caution. Mais le juge étant parti en week-end plus tôt, l’épouse de Kaya ne parvient pas à payer la caution dans les temps.

Kaya passe donc le week-end en prison jusqu’à ce qu’il soit retrouvé mort aux petites heures du dimanche 21, dans des circonstances troublantes et portants plusieurs blessures.

Trois policiers étaient en poste ce soir-là et l’un d’eux est décédé fin 2018. Selon ses dires de son vivant et ceux de ses proches, Roland Anne Marie, qui était lui-même fan du chanteur, a toujours clamé son innocence et rejeté les accusations portées contre lui. Puis, les constables Ramdin (Caporal depuis) et Nepaul.

De sources officielles, Kaya serait mort d’une fracture du crâne après qu’il se soit lui-même cogné la tête contre les murs.

Un contre-examen réalisé par le Dr Jean Paul Ramstein, médecin légiste et expert à la Cour d’Appel de l’île de la Réunion, a cependant conclu à un décollement du cerveau à la suite de violences extrêmes.

Mais « fautes de preuves » le 22 mars 1999, comme l’avait déclaré le Premier ministre d’alors, en l’occurrence Navin Ramgoolam, à une Private Notice Question (PNQ) de Paul Bérenger à l’Assemblée nationale, les trois policiers n’avaient pas été suspendus comme recommandé dans le rapport soumis par l’expert au Directeur des poursuites publiques de l’époque.

Related Posts