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#BritamPapers : Chronique d’une vente (ou braderie) annoncée…

Chronique d’une vente annoncée… La vente des actions de Britam (ex-BAI) au Kenya ressemble étrangement, aux chapitres de l’ouvrage intitulé Chronique d’une mort annoncée, écrit par Gabriel Garcia Marquez, auteur colombien et prix Nobel de littérature en 1982, lequel a résulté à un film. Afsar Ebrahim, celui qui a fourni la deuxième version du procès-verbal, qui est une « fake » copy, y a joué un rôle clé, alors que Roshi Bhadain et son équipe qui contrôlaient la Financial Services Commission (FSC) faisaient du « back office work » ; mais très mal fait, à en croire ce que révèle la Commission d’enquête de façon chronologique sur les procès-verbaux de la FSC.

Dans ce nouveau chapitre, il faut comprendre que la Commission Domah s’est concentrée à un moment sur le rôle d’Afsar Ebrahim de BDO dans l’affaire Britam. Selon les événements décrits, Afsar Ebrahim a éclipsé Yacoob Ramtoola dans le processus de vente des actions de Britam (ex-BAI) au Kenya. Il est révélé que c’est lui qui s’est rendu au Kenya avec Me Choomka pour vérifier l’enregistrement de BAKHL. Après vérification, indique la Commission, il a été confirmé que la Société a été incorporée aux Bahamas.

« While he was in Nairobi, he also had meeting with the legal representatives of Britam Kenya on the SPA to be signed and details relating to transfer of funds. Mr Khapre instead of speaking to the SA for the latter to meet Mr Munga, spoke to Mr Ebrahim to arrange for the meeting with ex-Minister Bhadain for the 14 November 2016 », note la Commission.

En fait, c’est Afsar Ebrahin qui a participé activement à la rédaction du protocole d’accord. Il est révélé que c’est lui qui a insisté pour que la clause conditionnelle de la prime de 51 % sur le cours de l’action soit incorporée au SPA. Il est également indiqué que c’est lui qui a fourni à Akhilesh Deerpalsing la deuxième version du fameux procès-verbal de la réunion du 18 novembre 2015. De plus, à la lumière de son témoignage et de ceux des autres témoins, ainsi que sur la base des documents soumis, la Commission maintient qu’Afsar Ebrahim était celui, dont les dépositions contiennent beaucoup de contradictions et de prévarications.
« We had asked for all the correspondence which BDO had in the matter to be submitted
to us. A couple of them – of no mean consequence to the enquiry – were not submitted.
The Commission received them from other quarters », souligne la Commission.

Ce qui a donné lieu à d’autres interrogations : dans quelle mesure la Financial Services Commission (FSC) a-t-elle été informée dans le processus de vente ? Conformément à l’engagement pris, BDO a dû informer régulièrement la FSC des progrès par rapport aux actions Britam. La Commission a eu recours aux notes de réunion de la FSC pour
vérifier ce qui a été signalé et s’il y a eu des rapports appropriés.

Lors de la 219ème réunion du Conseil en date du 4 juillet 2015, la FSC avait demandé que les actions soient transférées au NPFL. Lors de la 221e réunion, le procès-verbal indique que : « The Special Administrators are making arrangements to warehouse the Britam Kenya stakes in the NPFL ». Enfin, lors de la 222e réunion du conseil d’administration du 30 juillet 2015, le procès-verbal du FSC indique que « The assets of Britam Kenya will be transferred to the NPFL ».

La même position a été réitérée lors du 229ème Conseil d’Administration du 16 septembre 2015. Il n’est pas question de « sake » mais de transfert. La Commission lit ceci dans les procès-verbaux : « Discussions are ongoing regarding the transfer of the 23.9 % shareholding held by BAI (Co.) Ltd in Britam ».

Cela se poursuivra jusqu’à la 231e réunion du conseil d’administration tenue le 14 octobre 2015. Yacoob Ramtoola devait informer la FSC ce qui suit : « Barclays Bank has made an offer for an exclusive mandate to sell Britam Shares for Rs 4.2 bn. Board recommended to wait until 31 December 2015 for a better offer ».

Lors de la 232e réunion du Conseil en date du 15 octobre 2015, la Commission relève ceci : “[Mr Yacood Ramtoola, Special Administrator joined the meeting at this stage] “The Special Administrator briefed the Board on the proposal dated 14 October 2015 from MMI Holdings Ltd for a 23.92 % equity stake in Britam Holdings Ltd for the sum of MUR 4.3 billion under the proposed terms and conditions mentioned in (…) It was noted that this offer is higher than what was offered by Barclays Bank (Rs 4.2 billion). MMI Holdings is a South African based financial services company operating in both long term and short term insurance, asset management, investment, healthcare administration, employee benefits, property management, etc. MMI is listed on the Johannesburg Stock Exchange with a market capitalization of ZAR 39 bn (around Rs 105 billion). The South African Government Employees Pension Fund has a 10.1% shareholding in MMI. After discussions and due considerations of the proposed terms and conditions. Board agreed to recommend the same to the Minister of Financial Services for consideration and approval subject to a Memorandum of Understanding being agreed and signed on the basis of a 10% deposit in an escrow account as from the submission of a binding offer which shall not be later than end November 2015. As per the requirements of the law and should the deal be concluded, the assets will first be transferred to the National Insurance Co. Ltd or its related entities which in turn will effect the transfer to MMI Holdings Ltd. » [Mr Yacood Ramtoola, Special Administrator left the meeting at this stage].

La FSC était au courant que Peter Munga venait à Maurice

Un fait intéressant, c’est que lors de sa 233ème réunion, la FSC était au courant que « the Chairperson of Britam Kenya will be coming to Mauritius this week for discussions. Since the shares of Britam Kenya are listed on the stock exchange, shareholders have no pre-emptive right ». La FSC a-t-elle rencontré Peter Munga ?

Il est également signalé dans le procès-verbal que « the agreement with MMI was signed. Representatives of MMI will be in Mauritius during the weekend for due diligence and has requested for an extension so that they may submit their revised offer by mid December 2015 ».

Or, lors de la 234ème réunion de la FSC tenue le 8 décembre 2015, aucune mention de la visite de MMI à Maurice, ni celle de la rencontre de Bhadain et Peter Munga le 14 novrembre à son bureau n’y est faite. Il est, par contre, noté que : “ The shareholders of Britam Kenya are not keen to sell to MMI of South Africa and have proposed to buy the shares at the same price offered by MMI. They will discuss with their shareholders and informed the Special Administrator accordingly. The Chairperson of Britam Kenya is expected to visit Mauritius soon ».

Et voici ce qui est dit dans le rapport Domah sur la 235ème réunion de la FSC du 16 décembre 2015 et celle du 21 janvier 2016 (236ème) : « [Mr Afsar Ebrahim and Mr George Chung from BDO joined the meeting at this stage] The Chairperson informed the Board that he received a letter from the Cabinet Secretary of the National Treasury of Kenya informing that the Government of Kenya is agreeable for the Government of Mauritius to sell the 23.34 per cent in Britam Kenya to Britam shareholders (…) There is no progress (21 janvier 2016) on this deal with MMI as majority of shareholders are not agreeable to sell to MMI. The shareholders will submit their proposals by 15 February 2016. »

Le moment le plus important à suivre et à comprendre dans cette chronologie des faits est ce qui se passa lors de la 239ème réunion qui eut lieu le 22 mars. Comprenez par là qu’un accord avait déjà été conclu entretemps le 12 mars 2016.

Voici ce que dit la Commission d’enquête sur la base des procès-verbaux consultés : « The deal has not yet been finalized. A major shareholder has made an offer which has been accepted. The major shareholder has been requested to pay by next week Rs 1.5 billion in an escrow account opened at the Mauritius Commercial Bank Ltd. »

Ce qui force la Commission d’enquête de conclure sur ces termes : « Would one say that this is reporting, under reporting or misleading? The fact of the matter is that: (1) there should have been a transfer to NPFL and not a sale; (2) when an MOU has been signed with all the details of the sale cast in stone, FSC is being informed that the deal has not been finalized but that “he major shareholder has been requested to pay by next week Rs 1.5 billion in an escrow account opened at the Mauritius Commercial Bank Ltd (…) What was the price? Not one word on it. Why was the price concealed to the FSC even if the FSC was informed that MUR1.5bn will be paid into an Escrow Account? MUR1.5bn of what ? ».

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