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Parti travailliste : le renouvellement du bureau politique, une farce morbide !

Navin Ramgoolam a procédé au renouvellement de l’exécutif et du bureau politique du Parti travailliste en y injectant un soi-disant dosage de l’ancien, mélangé à du nouveau, le 12 septembre. Après plusieurs mois de silence et d’inaction, le leader du Parti travailliste a tranché dans le vif en voulant éviter une hémorragie, suite à la démission surprise de Kalyanee Juggoo en tant que secrétaire générale.

Une opération non réussie il paraît, si on se fie à la démission, vendredi 16 septembre, d’Ezra Jhuboo, jeune politicien prometteur et ancien député rouge de surcroît. Il nous revient aussi que certains loups du PTr, à l’instar d’Arvin Boolell et de Satish Faugoo, n’auraient pas hésité à exprimer leur colère à Ramgoolam sur le coup de « poignard dans le dos » infligé à Kalyanee Juggoo.

Dans la conjoncture actuelle, il est explicite que le PTr soit devenu un parti politique familial. Pour preuve, l’ancien Deputy Prime Minister et ancien président de la République, Kailash Purryag, s’est vu confier le rôle de président d’honneur du parti. Son gendre, Ritish Ramful, quoiqu’il le mérite bien, s’est vu confier le poste de secrétaire général. Lormus Bundhoo, cousin de Navin Ramgoolam, nommé directeur du Campaign Committee, consolide fortement sa position au sein du BP rouge.

Et dire à quel point Navin Ramgoolam ne cesse de nous rabattre les oreilles avec sa politique de « rupture » après ses deux cuisantes défaites aux législatives de 2014 et de 2019, respectivement. De quelle rupture ose-t-il encore parler, d’autant qu’il prône la continuité avec plus de 50 % de la vieille garde rouge aux commandes ? Au fait, il n’a mis en œuvre aucune politique de rupture.

Alors que jusqu’à récemment, le leader des Rouges a toujours misé sur trois postes de vice-présidents au PTr, cette fois, il en nomme cinq, en l’occurrence Anil Bachoo, Shakeel Mohamed, Satish Faugoo, Rajesh Jeetah et Suren Dayal. Ainsi, il est clair que Ramgoolam mise sur une seule carte. Dans ses calculs, il avance trop les pions ethno-politiques. Du coup, certaines composantes de la société mauricienne, considérées comme les minorités, n’y sont pas représentées. C’est une aberration !

Il est déplorable que le leader des Rouges jette de la poudre aux yeux de la population. Outre les nouveaux postes de directeurs qui ne sont d’aucune véritable utilité, dans un esprit de vraie rupture, Navin Ramgoolam aurait dû nommer un Deputy leader. Quand il était souffrant de la Covid-19, c’est Arvin Boolell qui a tenu les rênes du parti, comme c’était le cas après la débâcle de 2014.

Le chef de file du Parti travailliste au Parlement a été relégué au poste de directeur des Field Operations. « Pena meilleur ki li ladan», a lancé Navin Ramgoolam laconiquement lors de la présentation du nouveau BP à la presse, lundi 12 septembre. Comme quoi, Boolell n’est bon que pour labourer le terrain. Bef travay, souval manze, comme dit le dicton.

Pourquoi n’a-t-il pas nommé Arvin Boolell comme Deputy leader ? Pourquoi Navin Ramgoolam se méfie-t-il de Boolell ? A-t-il peur de son charisme, de son franc-parler… ? En un mot, a-t-il peur que Boolell ne lui fasse de l’ombre ?

Le comble est le pietre sort réservé à Fabrice David, fils de James Burty David, qui était toujours un fidèle des fidèles du PTr. L’unique député rouge au no. 1 se voit stagner au poste de président de l’aile jeune du PTr et de Gen Next. Les jeunes du PTr n’ont pas tardé à exprimer leurs griefs après la constitution de l’exécutif. Cela démontre que plus que jamais qu’il manque encore et encore des jeunes au sein du PTr.

Quid de la représentation des femmes dans les instances dirigeantes du parti ? N’ont-elles aucune voix au chapitre ? Les femmes aux PTr doivent-elles uniquement se contenter du poste de présidente de l’aile féminine ? Ceux qui ont des squelettes, des casseroles ou encore des bouteilles cassées dans leurs armoires méritent-ils plus de considération que des jeunes hommes ou des jeunes femmes du parti ?

Par conséquent, cet exercice de renouvellement de l’exécutif du PTr soulève, il est évident, une vague de mécontentement. Outre un malaise qui s’est installé au sein du parti, le feu couve sous les cendres. Il est explicite que cet exercice de renouvellement de l’exécutif n’est que cosmétique. Cela relève même d’une farce morbide !

Parti travailliste : le renouvellement du bureau politique, une farce morbide !

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