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Roshi Party ou le syndrome de la pensée unique

Roshi Bhadain assommerait son entourage et les « membres » de son parti avec la suffisance de son arrogance intellectuelle. Un « Misié konn tou » comme on dit chez nous. Ce n’est pas moi qui le dit mais plutôt les membres démissionnaires du Reform Party, qui étaient en conférence de presse hier. A les écouter parler, surtout Veer Dewoo, celui que l’on a longtemps considéré comme le Deputy leader et bras droit de Roshi Bhadain – mais qui se présente comme membre du bureau politique du RP – on doit plutôt parler de Roshi Party. L’homme symboliserait, si on était en pays communiste, la politique de la pensée unique et du leader unique.

Donc, nous avons appris que les structures du parti n’étaient que des façades cosmétiques. Les postes de responsabilités n’existeraient que sur le papier au Roshi Party. Donc, pas vraiment de Deputy leader ou de responsable de l’aile féminine, par exemple. Le leader, affirment les démissionnaires, serait omniscient et il n’a pas besoin d’eux pour prendre des décisions. On comprend mieux pourquoi certains sont partis et que d’autres suivraient, selon Veer Dewoo. Mais plus encore, nous avons aussi appris que Roshi Bhadain, qui avait pour la énième fois samedi dernier appelé l’opposition parlementaire à démissionner en bloc, n’a pas vu venir les démissions à l’intérieur de son propre parti ! Une histoire de l’arroseur arrosé !

Quid des relations qui existeraient entre Bhadain et certains journalistes ? Quid de ses relations avec Sherry Singh ? Quid des négociations en catimini avec certains partis de l’opposition alors qu’il les a vertement critiqués en public ? Quid des rêves vendus aux jeunes, des promesses à la jeunesse, des espoirs que certains auraient placés en lui ? Des zones d’ombre et du vent, sommes-nous tentés d’affirmer.

DES JOURNALISTES CANDIDATS ?

Veer Dewoo l’a dit : il y a des journalistes qui seraient en contact régulier avec Roshi Bhadain et très proches de lui. Tellement proches que Veer Dewoo parle même de promesses de « tickets » pour les prochaines élections générales à ces journalistes. Des journalistes qui « ne seraient pas indépendants » et qui se reconnaîtront, poursuit l’ancien bras droit de Roshi Bhadain. « Vinn démanti mwa ki ena zournalist ladan pann promet zot pou gagn tiket pou eleksion zeneral 2024 ? Vinn démanti mwa ki avan vinn lor radio, sa bann kestion-la pa finn fini préparé par leader Reform Party ? », a dit Veer Dewoo, hier. On ne saurait être plus clair.

PAS UN MOT SUR SHERRY, ROSHI ?

Qui est ce fameux « Monsieur D » ? C’est une bonne question, qui mérite sa réponse. Ce mystérieux Monsieur D. ne serait autre, selon les dires de Veer Dewoo, que l’intermédiaire qui agirait dans l’ombre entre Roshi Bhadain et Sherry Singh. Veer Dewoo, hier, a prévenu Roshi Bhadain en ces termes : « … pa fer mwa tir l’affaire Sherry Singh depi mo vant… ». L’ancien homme fort de Roshi Bhadain a ironisé en se demandant pourquoi son ancien leader ne pipe mot sur Sherry Singh, lui (Roshi Bhadain) qui « konn tou zafer ». Pas un mot sur Sherry, Roshi ? Pourquoi ce silence ? « Nou konn so proximité avek Sherry Singh. Nou kone ki dimounn ki ena entre Sherry Singh ek Roshi Bhadain… », devait affirmer Veer Dewoo.

Tant de questions sans réponses pour le moment. Les Mauriciens voudront certainement connaître certaines de ces réponses. Entre-temps, le Roshi Party continue son one-man-show mais il semblerait que le spectacle commence à lasser. « Aret kouyonn zeness ! Pa kouyonn to bann manb ! », a conseillé Veer Dewoo à son ancien leader. Gare au syndrome de la pensée unique !

Sunil Gohin

CEO de Wazaa FM et d’Inside News

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