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Feel Good Factor : 2023 l’année de la renaissance

Maurice a terminé 2022 sur une note positive. C’est du moins ce qui ressort sur le plan socioéconomique quand on analyse les chiffres des indicateurs économiques de l’année dernière. 2022 a été l’année de la reprise, après l’arrêt brutal de notre envol économique pendant deux ans, Covid-19 oblige. Nous avons terminé 2022 avec des arrivées touristiques tournant autour d’un million et, si la tendance se maintient, nous devrons allégrement dépasser la barre des 1,3 million de touristes en 2023. Les autres secteurs économiques devront eux-aussi arriver à se maintenir mais pour cela il faut que les Mauriciens se mettent sérieusement au travail. La production reste le maître mot de la croissance et si nous ne voulons pas voir notre économie faire du surplace ou même décroître, il faut que tous les Mauriciens se serrent les coudes et se retroussent les manches. 2023 doit être l’année de la renaissance.

Afin d’améliorer notre productivité, certaines mauvaises habitudes doivent cesser. Les Mauriciens, en général, se sont habitués aux aides offertes par le gouvernement. Effectivement, le gouvernement de Pravind Jugnauth a beaucoup fait pour soutenir la grosse majorité de la population affectée par les effets de la Covid-19 en 2020 et 2021. Des dizaines de milliards de roupies ont été injectées dans divers secteurs, ce qui a permis aux Mauriciens de ne pas sombrer sous les eaux de la récession globale et de la stagnation économique. Le gouvernement continue avec ses efforts de soutien, avec, à la fin de ce mois de janvier, la compensation salariale de Rs 1 000 payable à tous les salariés du secteur public et privé.

Mais, il ne faut plus qu’on mette tous nos espoirs uniquement sur les épaules du gouvernement et attendre, en se croisant les bras. Les Mauriciens doivent aussi se retrousser les manches. Il faut tout faire pour relancer des secteurs qui, autrefois, rapportaient gros comme l’agriculture et l’agro-industrie, la pêche, le textile, les PME, entre autres. Par exemple, un retour vers la terre est primordial si nous voulons accueillir plus de touristes. La production agricole locale doit pouvoir subvenir aux besoins exponentiels du secteur touristique tout en soutenant le marché domestique. Nos jeunes doivent savoir entreprendre et doivent pouvoir saisir les nombreuses aides et plans mis à leur disposition par les autorités dans le secteur de l’agro-industrie. La culture entrepreneuriale doit se démocratiser et ça, ce n’est pas uniquement la responsabilité du gouvernement.

Il faut aussi que nos jeunes se mettent au diapason de la demande du marché du travail. Les études supérieures et autres formations professionnelles doivent aller dans le sens des besoins du marché. Pour le moment, ce n’est généralement pas le cas, avec nos jeunes se formant pour des emplois qui vont vite devenir obsolètes ou qui seront contrôlés par l’Intelligence Artificielle dans pas longtemps. On ne peut plus continuer avec des modèles d’apprentissage qui datent de vingt ou trente ans. Les technologies de l’information et de la communication doivent être explorées en profondeur si nous voulons vraiment mériter l’appellation de « cyber-île ». Sinon, nous allons rester dans une juridiction informatique de seconde zone en ayant l’illusion que nous jouons dans l’équipe première.

Bref, si nous voulons nous donner les moyens de réussir l’année 2023, si nous voulons vraiment que Maurice renaisse et refleurisse sur tous les plans, tous les Mauriciens doivent s’y mettre. Pas seulement le gouvernement. Cessons de nous focaliser sur la chose politique et mettons l’accent sur le développement humain et social, sans aucune distinction. Les politiciens, surtout ceux qui sont dans l’opposition et qui n’ont aucun rôle majeur dans le développement du pays, sont là pour faire leur show. Ce show ne doit plus occulter les réalités quotidiennes des Mauriciens. Réapproprions notre avenir et travaillons pour le bien-être de l’ensemble de la population. Si cela passe par le soutien du gouvernement et du secteur privé, tant mieux. Le « Feel Good Factor » dépend de notre bon vouloir à tous. Travaillons à son maintien.

Sunil Gohin

CEO de Wazaa FM et d’Inside News

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