Mouvement Patriotique : chronique d’une crise annoncée…

Mouvement Patriotique : chronique d’une crise annoncée…
Guerre des clans, quête du pouvoir, proximité du président Alan Ganoo avec Tania Diolle, influence de la candidate battue à la partielle au No 18…sont considérées comme des facteurs déterminants qui ont contribué aux nouvelles secousses et flottements qui minent le parti.

Les récentes défections résultant à quatre démissions du Mouvement patriotique (MP), fin de la semaine écoulée, mérite qu’on s’y arrête pour analyse et réflexion. Guerre des clans, quête du pouvoir, proximité du président Alan Ganoo avec Tania Diolle, influence de la candidate battue à la partielle au No 18…sont considérées comme des facteurs déterminants qui ont contribué aux nouvelles secousses et flottements qui minent le parti.

« A vrai dire, il n’y a ni flottements ni secousses qui fragilisent le MP. Les démissions s’expliquent par certains qui ont succombé à la tentation du pouvoir », a affirmé le secrétaire général du MP, Atma Bumma à Inside News en fin de matinée. Cette argumentation est partagée par le secrétaire général à l’organisation, Jean-Claude Barbier. « Ceux qui sont partis ne nous ont exprimé aucun grief. Ashley Khemraj qui ne fait pas partie de notre équipe dirigeante nous a confié que certains du pouvoir en place ont négocié avec lui. Quant à Nalini Dorsamy, je dois dire qu’elle avait déserté le parti, voici une année », a déclaré Jean-Claude Barbier. « En un mot, je peux dire que certains jeunes ne viennent pas ici pour faire de la politique, mais en pensant de pouvoir en faire de l’argent en peu de temps », a confié le député de No 1.

En outre d’Ashley Khemraj et Nalini Dorsamy, il y a Satyam Jaddoo et Raj Bissessur (membres du bureau national). Jean-Claude Barbier a allégué que des tractations auraient commencé avec certains des activistes du MP au niveau de sa circonscription No 1. « Il y a deux mois, ils ont contacté deux de mes lieutenants pour leur proposer de l’emploi au gouvernement », a déploré le député Barbier.

Le MP est une émanation d’une dissidence au MMM au lendemain des élections générales de décembre 2014, lorsque le leader, Paul Bérenger a voulu faire porter le blâme de la cuisante défaite MMM-Ptr, à seul Alan Ganoo. Ainsi, le bouillant député de No 14 ( Savanne/Rivière Noire, n’a eu d’autre choix que de démissionner pour aller son propre parti, le MP avec sa garde rapprochée : Jean-Claude Barbier, Joe Lesjongard, Atma Bumma, Soodesh Roopun, entre autres du MMM. Par la suite, d’autres jeunes, voire du sang nouveau, à l’instar de Tania Diolle, Christiane Roger, Ashley Khemraj se sont joints au parti.

Le MP a vécu les premières secousses avec le député Joe Lesjongard qui a pris ses distances du parti avant de s’adhérer au MSM fin 2016. En marge des célébrations du 3e anniversaire du MP en août dernier, tout laissait entrevoir que l’unité est l’élément unificateur parmi les dirigeants et les membres.«

Atma Bumma : «  Je n’ai pas clan »

Dans la conjoncture actuelle, on parle de deux clans qui s’affrontent : le clan Tania Diolle et le clan Atma Bumma. Interrogé sur la question, Atma Bumma, s’est défendu : « Je fais partie de la direction du MP. J’ai consacré de mon temps pour créer ce parti. Je dois dire que je ne suis pas un homme de clan. Je n’ai pas clan. Je suis proche du président du parti. Je suis avec lui. Je suis un seul.»

Mouvement patriotique : chronique d’une crise annoncée…

Journaliste comptant plus de 33 années d’expérience dans la presse écrite à Maurice. Responsable du Desk politique à Inside News. Passionné de lecture, de la musique et des réseaux sociaux.