La gestion des quotas de pêche du thon tropical dans la région Sud-ouest de l’océan Indien

La gestion des quotas de pêche du thon tropical dans la région Sud-ouest de l'océan Indien
Vishnu Lutchmeenaraidoo et Marjaana Sall entourés des officiers.

Des progrès importants ont été enregistrés dans la gestion de pêche de thon tropical dans la région Sud-ouest de l’océan indien et dans l’approvisionnement de manière régulière des usines de transformation de thon. Ces développements sont intervenus suite aux entretiens de haut niveau à Bruxelles récemment par le ministre des Affaires étrangères, de l’Intégration régionale et du Commerce international, Vishnu Lutchmeenaraidoo, et viennent apporter un nouveau souffle à l’industrie de transformation de thon.

Vishnu Lutchmeenaraidoo a déclaré: « Notre dialogue avec l’Union européenne (l’UE) portant sur l’importance de la durabilité des espèces thonières et la mise en place de mesures de «surveillance et de conformité» des pêches, afin d’assurer l’approvisionnement pérenne et prévisible de nos usines de transformation en thonidés a été fructueux à plus d’un titre. Nous pouvons nous en féliciter. Je tiens à remercier S.E Monsieur. Joao Aguiar MACHADO, le Directeur-Général de la DG MARE de la Commission européenne, qui a été très sensible à l’urgence de ce dossier pour notre filière de transformation. Je ne saurai passer sous silence le rôle joué par SE Madame Marjaana Sall, Ambassadrice de l’UE, dans la coordination de nos visites de travail à Bruxelles.

Je tiens à souligner que les navires de l’UE opèrent dans nos eaux dans le cadre de l’accord de pêche entre Maurice et l’UE qui prévoit le strict respect des principes de durabilité des ressources halieutiques et de bonne gouvernance sur la pêche, tout en répondant aux attentes en matière de rentabilité de chacune des deux parties. Aussi, je me réjouis de la mise en place, conformément à la demande de Maurice, d’une plateforme de concertation qui permettra des échanges structurés et réguliers entre nos opérateurs, dont le partage des données sur la progression de l’utilisation du quota d’albacore par les navires de l’UE. Ces données permettront à nos usines de mieux planifier leurs productions et ainsi mieux assurer la viabilité de cette filière qui emploie plus de 10,000 personnes.

Notre dialogue à haut niveau a pris appui sur les excellentes relations bilatérales entre Maurice et l’UE, l’un de nos principaux partenaires de développement. Les liens tissés entre Maurice et l’UE dans le domaine de la pêche, comme tant dans d’autres, témoignent de la profondeur et la richesse de ces relations que nous avons bâties au fil des décennies. Nous partageons, telle est ma conviction, l’ambition commune de les élever encore plus haut à tous niveaux tant dans le cadre de l’Accord ACP-UE de Partenariat de Cotonou que l’accord qui lui succédera en 2020, et dont l’élaboration est en cours ».

Marjaana Sall, Ambassadrice de l’Union européenne auprès de la République de Maurice et de la République des Seychelles, a commenté les résultats obtenus entre les opérateurs du secteur de la pêche thonière de la région: ” L’Union européenne s’est mobilisée afin de répondre favorablement à la requête des industries de transformation de la région au sujet d’approvisionnement en thon. Nous avons travaillé en étroite collaboration avec le ministre des Affaires étrangères pour instaurer un dialogue fructueux prenant en compte les intérêts de chacun. Je salue les premiers résultats tangibles de ce dialogue et réaffirme la détermination de l’Union européenne de promouvoir une bonne gouvernance économique des pêches avec participation de tous les acteurs de la filière.

Le système de gestion des captures (ou quotas) de pêche concernant les thons tropicaux de l’océan indien nécessite une collaboration active entre les flottes de bateaux de pêche et les industries de transformations qui ciblent le marché européen.

La réduction potentielle des opportunités de pêche suite aux décisions récentes de gestion prises au niveau régional, notamment au niveau de la Commission Thonière de l’Océan Indien (CTOI), risque de fragiliser un secteur dont la plus-value économique repose sur des volumes de produits traités et un approvisionnement stable et prévisible en thon.

Réceptive aux soucis exprimés par le secteur, à la demande des autorités de tutelle de Maurice et du secteur privé mauricien et suite aux entretiens de haut niveau à Bruxelles qu’a eus Lutchmeenaraidoo, ministre des Affaires Etrangères, de l’Intégration Régionale et du Commerce International de Maurice, l’Union européenne s’est engagée à organiser des rencontres entre les flottes thonières européennes et les industries de transformation de l’Océan Indien (Madagascar, Maurice et Seychelles) afin de discuter les questions d’approvisionnement en thons tropicaux, tout en assurant la conservation à long terme des espèces.

Une première réunion a eu lieu à Bruxelles le 22 août dans les locaux de la Direction Générale des Affaires Maritimes et Pêches (DG MARE,) suivie d’une seconde, aussi à Bruxelles, le 19 octobre dernier, ouverte officiellement par le ministre Lutchmeenaraidoo.

Les deux réunions, co-animées par le gouvernement de Maurice et la Commission européenne, ont rassemblé une vingtaine de représentants des flottes thonières européennes et des industries de transformation de Maurice, Seychelles et Madagascar, en présence des Ambassadeurs des pays concernés et de représentants des ministères concernés de la pêche et du commerce.

Ces deux réunions, qui ont permis un dialogue transparent et constructif entre les différents acteurs concernés, ont dégagé les convergences suivantes :

  • Création d’une plateforme permanente de concertation, réunissant tous les acteurs de la filière, qui facilitera les échanges entre acteurs de l’industrie (flotte et transformation), et aussi au niveau politique, entre les gouvernements des pays concernés.
  • Partage de l’UE d’informations relatives à l’utilisation mensuelle des quotas européens de thon albacore. De son côté, l’industrie de transformation explorera la possibilité d’informer l’UE sur ses besoins en termes de longes de thon. Ces échanges permettront une meilleure prévisibilité dans l’approvisionnement et une meilleure planification.
  • La possibilité d’organiser des réunions quadrilatérales entre l’UE et les gouvernements des pays concernés en marge des réunions de concertation afin de dégager des positions communes dans les discussions au sein de la CTOI sera explorée dans les mois à venir

A terme, toute la filière pêche repose sur une gestion durable et soutenable des stocks de thons tropicaux et la viabilité économique de tous les acteurs, dont les flottes externes de pêche de l’Union européenne et les industries de transformation, en vue de générer à terme des revenus, des emplois et créer de la valeur ajoutée locale. C’est ce message que tous les acteurs, institutionnels, publics ou privés, membres de la plateforme, ont voulu faire passer.

Le Gouvernement de Maurice a proposé d’organiser la prochaine réunion de cette plateforme en janvier prochain.

Au-delà des progrès importants réalisés dans ce dossier, l’accord intervenu entre Maurice et l’UE met en exergue les relations étroites qui les lient depuis plus de 50 ans. Cette relation comprend à la fois un dialogue politique structuré, reposant sur des valeurs communes, des liens commerciaux forts, un accord de pêche et une coopération technique et financière en appui aux politiques de développement de Maurice. Elle implique un partenariat constant et une volonté commune d’explorer ensemble les nouveaux axes de partenariat dans les domaines de la technologie numérique, l’énergie renouvelable, l’économie océanique et la santé, auxquels s’ajoutent les enjeux transversaux tels la compétitivité; l’innovation et la R&D; la formation ainsi que les nouveaux mécanismes de financement de l’UE.

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