La cybercriminalité : ce mal qui ronge…

La cybercriminalité : ce mal qui ronge…
Plusieurs cas d’abus liés à l’informatique sont rapportés chaque jour.

La cybercriminalité est un mal qui ronge la société. Plusieurs cas d’abus liés à l’informatique sont rapportés chaque jour. Faux profils, messages diffamatoires ou insultants. Il faut citer également le cyberharcèlement en forme de jeux. Citons ici le Blue Whale Challenge ou le Momo Challenge qui ont pris de l’ampleur au niveau international. Ces jeux qui se propagent sur les réseaux sociaux ciblent les jeunes et les manipulent pour les pousser au suicide.

La parole aux citoyens 

Prabhat Poonit

Nous avons rencontré Prabhat Poonit, 18 ans. Il nous explique qu’il n’a même pas de compte Facebook. Il pense que si ses amis ou les jeunes voient un jeu dangereux sur les réseaux sociaux, « zot bizin konn servi zot lespri ».

Prabhat pense que les réseaux sociaux tels que Facebook comporte des avantages aussi bien que des inconvénients. « Kan tro ress ladan perdi letan », dit-il. Il pense qu’il faut rapporter toute chose qui semble dangereux.

 

 

 

Danielle

Danielle, mère de six enfants, pense que la communication entre parents et enfants, demeure importante. Elle explique qu’il n’est pas une bonne idée si un ordinateur est placé dans la chambre de l’enfant. « L’ordinateur doit plutôt être dans le salon ».

« Nu bizin kone ki zot pe fer lorla », dit-elle. Danielle avoue certes que ses enfants passent beaucoup de temps sur leurs téléphones, mais c’est plutôt pour jouer ou pour parler à leurs amis, précise-t-elle.

 

 

Zahra Bibi Kurmally

Nous croisons aussi Zahra Bibi Kurmally, mère de trois enfants. « J’ai offert des téléphones portables à mes enfants mais ils l’utilisent plutôt pour regarder des vidéos constructives sur youtube et regarder les dessins animés », nous dit-elle. Toutefois, elle affirme qu’elle fait en sorte d’avoir un contrôle permanent sur ce qu’ils font sur internet. « Facebook ek instagram tousa mo pa lese sa », nous dit-elle. Zahra ajoute également que si à l’avenir ses enfants doivent utiliser internet ou l’ordinateur pour un projet, ce sera sous sa supervision. « C’est la meilleure façon de protéger nos enfants », fait-elle savoir.

Le rôle de la Cybercrime Unit

La Cybercrime Unit joue un rôle crucial en ce qu’il s’agit des maldonnes qui se font sur la toile. Les officiers de cette unité ont pour tâche d’enquêter sur les potentiels dangers du net. Ils référent ensuite l’affaire aux autorités supérieures pour qu’elles prennent les mesures nécessaires

Selon une source proche de la Cybercrime Unit, on est chanceux que Maurice a été quelque peu épargné, car « aucun cas a été signalé jusqu’à présent ». Toutefois, elle pense qu’il vaut mieux prévenir que guérir dans la mesure que les technologies évoluent à une vitesse phénoménale.

Les officiers de cette unité se chargent aussi de faire des campagnes de sensibilisation auprès des jeunes dans les établissements scolaires. Le but est de les prévenir contre les jeux suicidaires et surtout ce qu’on appelle « Dark web ». Notre source souligne que ces campagnes se poursuivent toujours.

Des « filters » pour que ces jeux suicidaires n’atteignent pas Maurice

D’autre part, notre source explique que la National Computer Board en collaboration avec la Mauritius Telecom ont mis en place des « filters » pour faire en sorte que ces jeux n’arrivent pas à Maurice.

C’est peut-être une des raisons pourquoi les jeux comme le « Momo Challenge » ou le « Bluewhale Challenge » n’ont pas encore gagné du terrain à Maurice. Les parents sont cependant avisés qu’il est important d’assumer leurs responsabilités et s’assurer que leurs enfants ne se laissent pas influencer.

L’internet pour combattre la solitude

Véronique Wan Hok Chee, psychologue souligne que le problème débute lorsque le jeune devient accro à internet. Cela survient lorsque les jeunes sont solitaires et isolés et se renferment sur eux-mêmes. « Ils commencent à utiliser internet lorsqu’ils se sentent seuls », souligne la psychologue. C’est alors qu’ils commencent à faire confiance aux internautes, aux gens présents sur les réseaux sociaux et aux amis virtuels. La psychologue explique que lien entre le jeune et ces personnes est vulnérable. Elle parle de mal être de tendance suicidaire et d’être mal dans la peau.

Elle parle aussi du rôle et de la responsabilité des parents. Ces derniers ne sont pas vraiment au courant de ce que font leurs enfants sur internet. Elle est d’avis que pour se socialiser, ces jeunes commencent à relever des défis avec les internautes. Elle évoque les jeux « sains et malsains ». Pour eux, c’est un moment de loisir. Elle ajoute qu’il y a un groupe de personnes à la tête de ces jeux. Selon Véronique Wan Hok Chee, ces personnes sont des « prédateurs » qui sont là pour nuire.

 Savoir détecter les premiers signes

La psychologue explique qu’il faut pouvoir détecter les premiers signes de troubles ou de dépression. Le premier signe est l’isolement. L’enfant peut se réfugier dans sa chambre la plupart du temps. Il peut présenter des signes de nervosité, des troubles de sommeil. Il faut noter surtout un changement dans le comportement. « Ce sont des signes qu’il faut prendre en considération », fait-elle savoir.

Il faut essentiellement voir si l’enfant verbalise son désir d’en finir avec la vie. Il faut savoir interpréter les pensées négatives, précise la psychologue.

Faire attention avant d’offrir des gadgets

Véronique Wan Hok Chee parle aussi des gadgets électroniques qui sont offerts aux enfants, comme les téléphones portables, les tablets entre autre. Elle pense que les parents doivent pouvoir accorder du « quality time » à l’enfant. La psychologue estime qu’il faut savoir écouter l’enfant et être sensible à leurs inquiétudes.

« Il faut soutenir l’enfant dans les moments de difficultés ». Elle pense qu’il ne faut pas offrir des gadgets à son enfant puis démissionner de la responsabilité de parents.

Avoir l’œil vigilant

Selon la psychologue, il faut avoir un contrôle sur ce que fait l’enfant sur internet. « Il faut avoir un contrôle sur les sites qu’ils surfent et avec qui ils sont en contact », souligne la psychologue. Véronique Wan Hok Chee affirme que les parents doivent avoir un œil vigilant.

La cybercriminalité : ce mal qui ronge…

Sweety Seerutton/Rachel Salomon

Journaliste depuis quatre ans. A rejoint Inside News en 2017. Détentrice d’une licence en ‘Journalism and Mass Communication’. Elle couvre principalement la rubrique ‘actualité’ et celle de «Human Stories».