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SÉCURITÉ ROUTIÈRE : le règne de l’automobiliste-roi

Le sujet est sérieux. Il existe une culture de l’anarchie sur les routes mauriciennes. C’est d’autant plus visible de nos jours, avec le développement du réseau routier et les nombreux projets de constructions de routes ou d’infrastructures y attenantes. Le conducteur lambda est d’ordinaire respectueux du code de la route. Mais il existe une catégorie d’automobilistes, de camionneurs et de motocyclistes qui, eux, font régner « leur » loi sur la route. Du genre « après moi, le déluge ».

Ces conducteurs se comportent comme des rois de la route. Pour eux, les autres conducteurs ne savent pas tenir un volant ou des guidons. Ce faisant, ces « fous du volant » mettent la vie des autres usagers de la route en danger. Quand un de ces automobilistes-rois prend la route, les autres conducteurs n’ont qu’à bien se tenir. Circuler sur nos chaussées, qu’elles soient nationales, autoroutières, ou de campagne, se révèle alors être très risqué pour le « bon » conducteur. Car ces matamores sont aussi des tueurs en puissance, accrochés à leur volant, semblant ignorer que leur attitude « foupamaliste » peut effectivement tuer ou blesser d’autres utilisateurs du réseau routier.

La route tue. L’an dernier, 28 272 accidents de la route avaient été recensés. 1 734 de ces accidents ont fait des victimes et des blessés, avec 108 morts. En 2020, il y avait 28 611 accidents de la route et 131 morts. Cette année, nous constatons hélas que cette tendance se maintient, avec, en cinq mois, plusieurs dizaines de victimes. Il faut arrêter le massacre. Car un accident fait aussi des victimes indirectes : conjoints, enfants, parents, amis, collègues, entre autres. La douleur de perdre un être cher ou de voir un proche souffrir le martyre avec des blessures est sans limites. La vigilance est donc de mise quand un conducteur prend la route. Il doit se dire qu’il peut être un tueur en puissance, son véhicule se transformant en arme mortel.

Notre réseau routier s’améliore de jour en jour. Les infrastructures se modernisent, le gouvernement investit massivement dans ce rehaussement du service et même le transport public se met à l’heure des autobus électriques, sans oublier le Metro Express. Cependant, le nombre de véhicules sur nos routes ne cessent d’augmenter, année après année. On constate plus de 20 000 nouveaux véhicules chaque année. Si en 2012 on comptait 421 926 véhicules sur les routes mauriciennes, à fin 2021 ce nombre était de 622 988. Soit une augmentation de quelque 50 % en dix ans.

Alors, arrêtons le massacre. Le citoyen mauricien qui prend le volant se doit d’être une personne responsable. Un conducteur qui adopte une conduite défensive et non agressive. Pour cela, il doit aussi bénéficier de la collaboration des autres usagers de la route, tels les piétons, les cyclistes et autres motocyclistes. Il faut arrêter avec cette culture de conducteur-macho, qui fait fi des règlements et qui se laisse aller au « road rage » pour régler son compte à un autre conducteur qui a eu le malheur de lui déplaire. Soutenons les policiers dans leur exercice de maintien de l’ordre sur la voie publique et coopérons avec eux pour garder nos routes sûres et en sécurité. La vie n’a pas de prix.

Sunil Gohin

CEO de Wazaa FM et d’Inside News

SÉCURITÉ ROUTIÈRE : le règne de l’automobiliste-roi

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