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Quand l’opposition ne marche plus

La République de Maurice est une démocratie. La Constitution est garante des droits et des responsabilités de tous les Mauriciens. C’est la loi suprême du pays. Il existe à Maurice ce qu’on appelle « the rule of law », qui offre des garde-fous contre l’anarchie et le chaos, entre autres. La Constitution prévoit, par exemple, qu’il y a des élections générales tous les cinq ans et que le gouvernement élu et l’opposition parlementaire travaillent dans le respect des règles démocratiques pour le bien ultime du peuple.

Cependant, ces derniers temps, que voyons-nous ? Une situation malsaine semble régner sur le paysage politique, là où, par exemple, gouvernement et opposition auraient dû travailler en synergie pour aider le pays à faire face aux nombreux défis et obstacles sur sa route. Pourtant, ces derniers ne manquent pas. La pandémie de la Covid-19, la guerre Russie-Ukraine, le réchauffement climatique, le repositionnement géopolitique, ne sont que quelques exemples parmi tant d’autres.

Le gouvernement issu des urnes en novembre 2019 a encore un peu plus de deux ans avant la fin de son mandat. À peine ce mandat entamé que la Covid-19 est venue jouer au trouble-fête début 2020. Pravind Jugnauth et son équipe ont passé plus de deux ans et demi à faire du « fire-fighting », à parer au plus pressé, à essayer de soulager les Mauriciens du fardeau que leur impose toujours cette pandémie.

Puis est venue la guerre en Ukraine et les sanctions internationales contre la Russie. Avec un réalignement des positions et des stratégies géopolitiques de divers blocs et puissances. Tout ça entraîne des conséquences sur l’économie mondiale et le commerce international. Conséquences répercutées sur notre petit pays, où on importe presque tout ce dont on a besoin. Dans des moments pareils, « we learn the hard way » qui sont nos véritables amis, sur quels pays ou bloc de pays on peut compter en cas de besoin.

OPPOSITION EN PANNE

Et que fait l’opposition parlementaire et extra-parlementaire pendant ce temps ? Que font d’autres personnes autoproclamées activistes et grands défenseurs de la veuve et de l’orphelin ? De la division. Des critiques. De la démagogie. Des « vested interests » à défendre. Du sensationnalisme. De la pyromanie sociale. Du mercantilisme politique. Et aussi des marches. Ou des tentatives de marche. Qui ne marchent pas. Ces gens-là font tout sauf de la vraie politique.

L’opposition ne marche plus. L’opposition ne marche pas. Dans tous les sens du terme. Quand on a pour objectif de faire partir coûte que coûte un gouvernement démocratiquement élu, quitte à mettre le pays sens dessus dessous et à semer haine, division, peur, méfiance, racisme, on devient pire qu’un antipatriote. Quand on cherche à diaboliser le Premier ministre et son gouvernement sur des rumeurs, des on-dit, des faussetés et des calomnies, on ne peut avoir la prétention de diriger un pays et l’amener vers le haut.

On va tirer ce pays plutôt vers le bas. On va rendre ce peuple moins intelligent. On va chercher à davantage déboussoler les plus vulnérables, à se servir de leurs malheurs, de leurs peurs, de leurs frustrations mais aussi de leurs misères, de leurs pauvretés, de leurs désespoirs pour des gains politiques. Non, ce n’est pas cela la définition d’une opposition responsable et responsabilisée.

UN PEUPLE INTÉLLIGENT

Qu’est-ce qui a fait la grandeur de notre pays ? C’est son peuple. C’est la détermination, le courage, la persévérance des Mauriciennes et des Mauriciens qui ont sorti ce pays du sous-développement des années 50-60 pour l’amener vers la lumière des années 70-80. Les hommes et femmes de ces années de braise cultivaient leurs esprits, ne se laissaient pas facilement embobiner par des « bater lakol » et se servaient de leur cerveau pour réfléchir. Où est passé cette culture ?

De nos jours, malgré le fait que les Mauriciens soient entourés d’informations et de connaissances, la communication passe mal. Les gens donnent l’impression de ne plus savoir réfléchir par eux-mêmes. On gobe tout ce que les réseaux sociaux nous envoient. On ne vérifie plus les sources. On prend pour réel ce qui ne l’est pas. On croit les charlatans, les faux super héros, les escrocs intellectuels et on se méfie de ceux qui savent encore utiliser leur cerveau et qui parlent un langage de vérité.

ENTRE ORDRE ET DÉSORDRE

Ce pays a grand besoin d’unité. Besoin d’ordre. L’opposition, qu’elle soit parlementaire ou extra-parlementaire, aurait dû mettre de côté ses envies de campagnes électorales permanentes et « rise above the fray ». Mais ce serait beaucoup attendre de la majorité d’individus qui font actuellement partie de ces composantes. Déjà qu’ils n’arrivent même pas à s’entendre entre eux.

Ils n’arrivent pas à organiser une simple marche politique. Ils annoncent des alliances mais ne convient pas certains membres courtisés à la table des négociations. Ils parlent d’« entente » et d’« espoir » mais n’arrivent pas à s’entendre. Avez-vous déjà vu une alliance faite de gens que tout oppose tenir sur la durée ? C’est désespérant. Cela fait désordre.

Pendant ce temps, le gouvernement trace le chemin du pays. Avec les citoyens de bonne volonté, les vrais patriotes, qui savent utiliser leur tête, eux. Entre une opposition où rien ne marche et un gouvernement qui crée, qui innove et qui soutient son peuple, y’a pas photo.

Sunil Gohin,

CEO de Wazaa FM et d’Inside News

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