Inondations : quand Ramgoolam « oublie » 2008 et 2013

Navin Ramgoolam a la mémoire courte. Pas plus tard que mardi 31 janvier, il s’est indigné de l’action gouvernementale concernant la gestion du dossier inondations. Il s’est permis de critiquer le Premier ministre qui, selon le leader du Parti travailliste, n’aurait pas dû faire des visites des lieux à certains endroits où des drains ont été refaits. C’est l’hôpital qui se moque de la charité, comme diraient les Français. Car Navin Ramgoolam oublie ou feint d’oublier sa propre gestion des catastrophes naturelles, dont des inondations. Rafraîchissons sa mémoire.

Nous n’avons, nous Mauriciens, pas oublié deux années. Deux années marquées du sceau de la tristesse et du désespoir : 2008 et 2013. C’était il y a quinze et dix ans respectivement. Ces deux années avaient vu les pires inondations que le pays ait connues. Quatre morts en 2008 (dont une collégienne de 13 ans) et onze morts en 2013. Qui était Premier ministre à cette époque ? Navin Ramgoolam. Mon Goût, Port-Louis, Canal Dayot, le tunnel du Caudan, le Waterfront, parmi les plus de 300 sites et lieux exposés aux inondations déjà identifiés à l’époque, cela vous parle, M. l’ancien Premier ministre ?

Oui, il y avait déjà un rapport identifiant les sites pouvant être inondés lors de grosses averses ou de pluies torrentielles. Les gouvernements de Navin Ramgoolam de 2005 et de 2010 se sont-ils penchés sur ces dossiers avec sérieux et diligence ? La trentaine de recommandations du juge Domah, faites suite aux inondations de mars 2008, ont-elles été traitées avec sérieux par Navin Ramgoolam ? Force est de constater que cela ne semble pas être le cas car cinq ans plus tard se sont produites les inondations meurtrières de mars 2013 dans la région de Port-Louis.

Navin Ramgoolam doit d’abord balayer devant sa porte avant de faire la morale au Premier ministre Pravind Jugnauth. Qu’a-t-il fait, lui (ou plutôt, que n’a-t-il pas fait, lui), quand il était au pouvoir entre 2005 et 2014, concernant le dossier drains et inondations ? Rien ou presque, serait-on tenté de répondre, à la vue des grands chantiers de réfection et de création de nouveaux drains et autres voies d’évacuation d’eau de pluie mis en route par le présent gouvernement depuis décembre 2014. Ce travail n’est pas encore terminé car la liste de zones inondables est longue. Mais cela avance quand même.

La topographie de Maurice est telle que les terres situées en hauteur descendent en pente plus ou moins douces vers la mer. Des années de cela, les inondations n’étaient pas monnaie courante car la terre absorbait l’eau de pluie et le trop-plein d’eau était évacué vers les rivières et la mer. De nos jours, l’urbanisation et le développement infrastructurel et immobilier du pays font que les zones forestières disparaissent et le béton s’étend un peu partout.

Ajoutez à cela des constructions sauvages et illégales, des études du sol bâclées ou non-existantes, des supervisions mal faites, la méconnaissance de la topographie, la disparition de drains naturels, le laxisme de certains exécutants de projets, l’incivisme notoire de bon nombre de Mauriciens qui déversent leurs ordures n’importe où, entre autres, et vous avez la recette d’un désastre annoncé. Les drains, même neuves ou nettoyés régulièrement, finiront par se boucher et provoqueront immanquablement des drames et des dégâts.

En conclusion, Navin Ramgoolam ferait mieux de tourner sa langue sept fois dans sa bouche avant de parler de drains et d’inondations. Il ferait mieux de laisser les gens sérieux travailler et résoudre les problèmes qui découlent du laxisme datant des années 2005 à 2014. Ce travail est long et ardu mais la bataille contre les effets des inondations est en train d’être gagnée petit à petit par le gouvernement de Pravind Jugnauth. 2008 et 2013 sont encore fraîches dans notre mémoire, M. Ramgoolam.

Sunil Gohin

CEO de Wazaa FM et d’Inside News

Inondations : quand Ramgoolam « oublie » 2008 et 2013

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