Edito

Gestion de l’eau : une préoccupation nationale

Ce mardi 10 janvier, la station de météorologie nationale a émis un avertissement de fortes pluies. Ce qui a eu pour conséquence directe la non-tenue de la première journée scolaire de 2023. Laquelle va être vraisemblablement reportée pour demain, sauf détérioration du temps. Il n’est un secret pour personne que Maurice passe actuellement par un des pires moments de sécheresse de son histoire. Le niveau d’eau dans nos réservoirs baisse de façon inquiétante et si les pluies de janvier tardent encore, on court tout droit vers la catastrophe. Mais nous ne sommes pas encore là. La gestion de l’eau doit désormais être une préoccupation nationale, ni plus ni moins.

Nous l’avons tous observé depuis ces deux dernières décennies : le climat a beaucoup changé. Le changement climatique, phénomène mondial, affecte toutes les régions du monde, peu importe que vous soyez riches ou pauvres, développés ou sous-développés, citadins ou paysans. Maurice n’est pas en reste. Nos saisons, été et hiver, ont été impactées. Même en décembre, par exemple, mois où habituellement il fait très chaud, certaines régions du pays affichaient encore une douce température, surtout la nuit.

Autre exemple de l’impact climatique : les pluies d’été qui tardent à faire leur apparition. Résultat : nos réservoirs sont presque à sec. Vous pouvez avoir les réservoirs les plus modernes qui soit, les canalisations d’eau les plus performantes, s’il n’y a pas d’eau, vos robinets seront à sec. Blâmer le gouvernement ou tout autre entité pour le manque d’eau relève de la mauvaise foi et de la politique ” politicaille “. Nos réservoirs affichaient complets il y a quelques mois. Cependant, il n’a presque pas plu à Maurice durant cette période. Ce qui fait que le niveau d’eau a connu une baisse régulière jusqu’à arriver à la situation actuelle.

Car Maurice consomme de plus en plus d’eau. Les développements économiques, tels que l’industrie manufacturière ou touristique, sont de très gros consommateurs d’eau. Ajouter à cela la propension naturelle du Mauricien lambda au gaspillage, vous avez un cocktail explosif de surconsommation d’eau dans un paysage hydrologique qui tarde à se renouveler. Oui, le Mauricien est, en général, très peu conscient du changement climatique. Ce qui fait qu’il ne saisit pas bien les raisons derrière le rationnement d’eau ou encore pourquoi il ne faut plus gaspiller notre précieuse eau. Le citoyen a tendance à se dire que ” ce n’est pas grave si j’arrose mes fleurs tous les jours ou je nettoie mes pavés à haute pression d’eau, parce que mon voisin ne va pas faire cela, lui…”

Le Mauricien croit toujours qu’il n’est pas directement concerné par la gestion saine de nos ressources en eau ou par le gaspillage de ce précieux liquide. Il croit que c’est au seul gouvernement de se préoccuper de cela. Et bien sûr, pour se donner bonne conscience, le Mauricien va critiquer le gouvernement (tous les gouvernements qui se sont succédés aux affaires du pays d’ailleurs) dès que l’eau arrive à manquer chez lui. Il est temps de changer cette mentalité. La gestion de l’eau est l’affaire de tous les Mauriciens.

En attendant les pluies diluviennes et autres cyclones, faisons un geste pour le pays. Arrêtons de gaspiller l’eau. Adoptons les bons réflexes, tel que fermer le robinet si vous allez vous en servir que dans quelques minutes. Évitons les grands nettoyages de la maison, qui consomment beaucoup d’eau, même si ” nou ti abitie fer sa “. Utilisons l’eau avec parcimonie et de manière intelligente. Faisons du captage d’eau de pluie partout là où c’est possible. Cela permettra d’avoir pas mal d’eau pour les besoins domestiques.

Le gouvernement a pas mal modernisé le réseau hydrologique et hydrographique ces dernières années. Il reste encore à faire. Mais si les Mauriciens ne se serrent pas les coudes, en adoptant une position responsable envers l’utilisation de nos ressources hydriques, nous irons définitivement vers la catastrophe. Adoptons les bons réflexes tout en espérant que le ciel nous soit clément bientôt, en ouvrant ses vannes d’eau de pluie.

Sunil Gohin

CEO – Wazaa FM et Inside News

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