EditoFeatured

BUDGET 2022-2023 : Restaurer le « feel good factor » des Mauriciens

L’exercice est périlleux. Ce mardi 7 juin, le ministre des Finances, Renganaden Padayachy, présentera le Budget 2022-2023, le troisième du gouvernement Jugnauth. Ce Budget de mi-mandat aurait dû n’être qu’une simple formalité, un exercice comptable sans grandes surprises si on s’était retrouvé dans un monde idéal. Mais voilà, 2022 est tout sauf une année normale.

Au moins deux facteurs importants plombent actuellement le moral et le porte-monnaie planétaire : la pandémie de la Covid-19 et la guerre russo-ukrainienne. Ce qui fait que les yeux de toute l’île Maurice seront braqués sur le Grand argentier cet après-midi. Le vœu pieu de la population : que ce dernier restaure le « feel good factor » des Mauriciens, un sentiment de bien-être sérieusement amoché ces deux dernières années.

Le moins que l’on puisse dire, le gouvernement de Pravind Jugnauth, issu des urnes en novembre 2019, a joué de la malchance dès le début de son mandat. Renganaden Padayachy aux Finances et Kailesh Jugatpal à la Santé, pour ne citer que ces deux ministres, ont eu à gérer l’imprévue Covid-19 au tout début de 2020. S’ensuivent deux années de restrictions sanitaires, de dégringolade financière à l’échelle mondiale, de fermeture des frontières, d’affaissement de nos différents piliers économiques, entre autres. Et aussi deux Budgets qui ont dû parer au plus pressé : soulager la souffrance du peuple, soutenir les employés qui ont perdu leur travail, aider les industries et autres sociétés moribondes à ne pas se noyer davantage.

Cette année, alors qu’on commençait enfin à apercevoir en janvier une accalmie sur le front de la pandémie, surtout avec la vaccination massive de la population, la réouverture des frontières, la relance du tourisme et un semblant de retour à la normale, la Russie décide d’envahir l’Ukraine en février. Au début, le Mauricien moyen s’est dit que cela ne le concernait pas. Mais ce n’est hélas pas le cas. Nous vivons dans un village global. Un simple éternuement au Brésil peut provoquer une fièvre forte en Australie. Ceci pour dire qu’un conflit régional peut déclencher des effets boules de neige dans toutes les directions. Et venir éclabousser nos côtes, par exemple.

Donc, depuis plus de trois mois, l’économie mondiale se retrouve plongée dans des profondeurs que même la Covid-19 n’avait pas atteintes. Puisque nous vivons dans un monde ultra connecté, « l’éternuement » russo-ukrainien s’est transformé en une « forte fièvre » pour presque la quasi-totalité de la planète. Sans entrer dans la barbarie des chiffres, nous n’avons qu’à comparer le prix de l’essence, du diesel, du gaz ménager et de divers produits céréaliers et alimentaires, entre autres, entre juin 2020 et juin 2022, que ce soit à Maurice ou sur le marché international, pour nous rendre compte de l’explosion des prix. Plus cette guerre se prolonge, plus nous allons atteindre des sommets astronomiques en termes d’inflation et de perte du pouvoir d’achat.

C’est dans ce contexte morose et pessimiste que Renganaden Padayachy va devoir naviguer. On attend du Grand argentier qu’il se transforme en Grand magicien. Et qu’il tire de son chapeau tout un chapelet de mesures budgétaires qui permettront aux Mauriciens de souffler un peu. Oui, l’inflation est galopante, la croissance est au ralenti, et le « feel good factor » n’est pas au beau fixe. Cependant, le gouvernement de Pravind Jugnauth, qui se retrouve à mi-mandat, doit redonner le sourire aux Mauriciens. Renganaden Padayachy va devoir jongler entre les risques inflationnistes et de décroissance et les solutions pour relancer l’économie tout en réduisant les lourdes charges qui pèsent déjà sur le Mauricien moyen.

L’exercice budgétaire, comme tous ceux qui doivent balancer leur budget mensuel le savent, est un exercice difficile. Imaginons la difficulté de le faire à l’échelle du Budget d’un pays. Les Mauriciens sortent à peine des affres de la Covid. La guerre en Ukraine empire les choses. Sans assommer la population avec des chiffres, le gouvernement se doit de parer au plus pressé. Restaurer la confiance et rétablir le bien-être des Mauriciens est une priorité. Gageons que le ministre des Finances saura faire la part des choses cet après-midi, en orientant son Budget vers le peuple et pour le peuple.

Sunil Gohin
CEO
Wazaa Fm

BUDGET 2022-2023 : Restaurer le « feel good factor » des Mauriciens

Related Posts