Affaire Sherry Singh : un tsunami qui n’est même pas une vaguelette

Tout ça pour ça ! On n’avait qu’à lire ou à entendre les commentaires des internautes et de nombreux Mauriciens hier, après l’interview de l’ex-CEO de Mauritius Telecom, Sherry Singh, par notre confrère de l’express, Axcel Chenney, pour comprendre que le tsunami annoncé par le premier nommé ne s’est jamais matérialisé. Rien de nouveau. Rien de plus que ce qu’il avait déjà dit sur les ondes de Radio Plus, onze jours auparavant. Tout juste des redites et de vagues promesses de faire des « révélations ». « Not even a jhant » aurait dit un de nos bouillants députés.

Mais, puisqu’il aurait lu les billets que nous lui avons consacrés ici-même, car quand Axcel Chenney l’a questionné sur un aspect de leurs contenus, Sherry Singh lui a bienveillamment répondu, permettons-nous de soulever deux petites questions. Deux questions que des journalistes auraient pu lui poser. Deux questions sur lesquelles nous allons certainement revenir dans quelques temps.

Premièrement, l’incidence sur nos relations diplomatiques. Sherry Singh laisse entendre que s’il n’a rien dit au Consortium étranger qui a des droits sur le câble SAFE pendant plus de deux mois et demi (au sujet de la présumée accusation de ‘sniffing’ à Baie Jacotet), ce serait dans le but d’éviter des incidents diplomatiques avec ce Consortium. Il laisse aussi entendre que ses adversaires seraient « pre pou bril nou repitasion, pou nwir nou limaz… » auprès de l’équipementier chinois Huawei (et, par extension, la Chine), sans réfléchir aux conséquences. Mais, que fait-il de nos relations diplomatiques avec l’Inde ? Son fameux « third party », il ne faut pas être un Einstein pour le comprendre, c’est l’Inde. Sherry Singh ne s’inquièterait pas de nos relations diplomatiques avec l’Inde ?

L’ancien numéro un de MT, qui aurait « oublié » ses « valeurs » entre le 15 avril et le 30 juin, parle sur les quelque 350 employés de la firme Huawei à Maurice et des équipements de cette firme. Quand Axcel Chenney fait mention de « Cyberwar » et de l’aspect géopolitique du bras de fer entre les deux géants asiatiques que sont la Chine et l’Inde, Sherry Singh brandit une hypothétique menace sur l’emploi de ces travailleurs de Huawei. Il dit aussi qu’il n’y a pas d’équipements de Huawei « kot kab SAFE rantre… ». Sous-entendant probablement que Huawei ne ferait pas d’espionnage sur le réseau mauricien.

Mais la question qu’il faut lui poser est la suivante : quels sont les employés qui opèrent sur le site ? Accompagnée de questions subsidiaires : quels sont leurs profils professionnels ? Ils avaient travaillé pour quelle grande boîte avant d’atterrir chez Mauritius Telecom ? Nous nous réservons le droit de revenir sur ces aspects de la problématique Singh dans quelque temps.

Sunil Gohin,

CEO de Wazaa FM et d’Inside News

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