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Lutte contre le gaspillage alimentaire à Maurice : entretien exclusif du directeur de LightBlue Environmental Consulting

Depuis le mois de juin 2021, LightBlue Environmental Consulting, une entreprise à but social, basée en Thaïlande, procède à la formation de dix organisations mauriciennes dont huit hôtels et une banque, afin de lutter contre le phénomène de gaspillage alimentaire. Soit, l’un des facteurs, les plus importants, qui contribue au changement climatique.

L’objectif de ce programme, The Pledge on Food Waste, est de réconcilier le développement durable avec la performance de différentes organisations dans le but de regrouper toutes les solutions qui ont pu être développées, testées et améliorées, au fil des années, dans un seul projet phare.

Le phénomène de gaspillage alimentaire, on vous le disait, représente environ 8 à 10 % des émissions de gaz à effet de serre au niveau global. Ce qui, d’après des études réalisées, fait que lutter contre est l’une des solutions, la plus prometteuse, pour s’adresser au changement climatique étant donné ses multiples aspects.

Ainsi, dans un entretien exclusif accordé à Wazaa FM, Benjamin Lephilibert, directeur de LightBlue Environmental Consulting, créée en 2012, revient sur ce programme de prévention préconisé par les Nations Unies, The Pledge on Food Waste, qui a été lancé à Maurice, depuis bientôt quatre mois, en collaboration avec SigneNatir, initiative de Business Mauritius, la HRDC, Living Labs Federation et Food Wise.

Rappelons, avant tout, que cette semaine, le mercredi 29 septembre, plus précisément, le monde a célébré la deuxième journée internationale de la sensibilisation et de la lutte contre le gaspillage de nourritures.

Une thématique qui est très mal comprise en générale par le public et par les professionnels, selon Benjamin Lephilibert, aussi bien que cette « absurdité sociale » que représente le gaspillage, quand on sait que dans le monde plus de 800 millions de personnes ne mangent pas à leur faim et que l’on gaspille un tiers, voire plus, de tous ce que l’on produit et qui finit à la poubelle (sic). »

Revenons sur le programme. L’expert explique que The Pledge on Food Waste, qui a pour durer six mois avant la certification, vise à permettre aux restaurants, cantines, et hôtels, à sérieusement minimiser le gaspillage de nourriture, réduire les coûts, améliorer leur réputation et à travailler avec les fournisseurs locaux qui militent pour cette même cause.

Benjamin Lephilibert, fait ressortir que le rôle de LightBlue Environmental Consulting, est de mettre à la disposition des participants une plateforme offrant explications, supports et accès à des outils d’aide à la conformité. Car, en effet, The Pledge on Food Waste, est, avant tout, un système de certification et d’analyse comparative, audités indépendamments, qui a été élaboré à partir des expériences combinées de professionnels du F&B et de chercheurs, dit-il.

L’impact espéré est que plus d’une centaine de professionnels de l’industrie soient formés de manière approfondie sur la thématique, mais aussi sur comment faire des économies (environ 3 à 5% du coût par couvert.)

Le programme est composé de 95 critères articulés autour de six piliers, comprenant la vision de l’établissement, la formation des équipes, la mesure et l’enregistrement du taux de gaspillage, les procédures de gestion des achats jusqu’à l’assiette, l’interaction avec les consommateurs, et les options de redistribution et de transformation, explique notre interlocuteur.

Il voit également la participation de consultants accrédités, basés dans huit pays différents et qui ont, chacun, la responsabilité d’accompagner un projet pilote sur l’ensemble de la démarche afin de veiller à ce que les conditions soient requises pour que les participants puissent, au final, obtenir un score maximal pour répondre aux standards suivants : Bronze, Silver, Gold ou All Star.

Benjamin Lephilibert précise que le but de cette certification est non seulement de permettre la transformation des opérations, mais également de les faire tendre vers la politique zéro déchets alimentaires envoyés à la décharge, et, bien sûr, d’obtenir, en prime, une reconnaissance internationale.

Le rôle de LightBlue Environmental Consulting, est, avant tout, d’accompagner les participants dans le processus d’implantation des objectifs du programme en leur fournissant des solutions, logiques et tangibles, via une plateforme en ligne qui offre explications, supports et accès à des outils d’aide à la conformité.

Autre aspect intéressant de la certification PLEGE, indique notre interlocuteur de Thaïlande, est qu’elle invite les participants à interagir avec les clients qui viennent manger dans leur restaurant, mais également à se tourner et à impliquer, une fois les mesures préconisées mises en place, d’autres acteurs locaux qui luttent, eux aussi, contre le gaspillage en redistribuant les surplus, comme le fait Food Wise à Maurice, à ceux dans le besoin ou à des fermes d’animaux, qui entrent dans la chaîne d’alimentation humaine, sinon, décider avec quels fournisseurs de services travailler pour recycler et transformer ce qui ne peut être consommés, en compost.

A la fin du programme, les participants doivent pouvoir établir le taux à laquelle s’élèvent leurs pertes, à quel moment de la chaîne de production celles-ci ont lieu, où, et pourquoi.

A Maurice, ce sont les hôtels suivants qui ont décidé de relever le défi. Ils sont : Constance Belle Mare, La Pirogue, Heritage Awali, Lux Belle Mare et le Morne, Veranda, Preskil, Victoria Beach Comber, et la Mauritius Commercial Bank, entre autres institutions.

Établi à Singapour, il est bon de savoir que le PLEDGE s’aligne avec les objectifs numéros 2, 12, 13 et 17, du développement durable des Nations Unies.

In Fine, faisons ressortir que le gaspillage alimentaire contribue grandement à accentuer le phénomène de changement climatique tant, au niveau de l’utilisation des ressources en eau, des terrains arables, de la main d’œuvre, des émissions carbones liées aux transports et à la transformation ou encore au packaging, entre autres, que s’agissant des rebus, qui très souvent finissent à la décharge avec, pour conséquences déplorables, des émissions de méthane, un gaz 25 fois plus néfaste que le dioxyde de carbone pour l’environnement.

Lutte contre le gaspillage alimentaire à Maurice : entretien exclusif du directeur de LightBlue Environmental Consulting

 

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