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Chagos : UK accepte d’ouvrir des négociations avec Maurice sur la future rétrocession des Chagos

Le ministre des Affaires étrangères du Royaume Uni, James Cleverly, indique un renversement majeur de la politique qui pourrait permettre le retour des personnes expulsées par la Grande-Bretagne dans les années 1970, rapporte le quotidien The Guardian dans son édition du 3 novembre 2022.

« Le Royaume-Uni et Maurice ont réitéré que tout accord entre nos deux pays garantira le fonctionnement efficace et continu de la base militaire conjointe anglo-américaine de Diego Garcia, qui joue un rôle vital dans la sécurité régionale et mondiale. Nous reconnaissons les intérêts des États-Unis et de l’Inde et nous les tiendrons informés des progrès”, affirme James Clervely dans une déclaration écrite. Il est souligné que le Royaume-Uni a accepté d’ouvrir des négociations avec Maurice sur la future rétrocession de l’archipel Chagos, “dans un revirement majeur de politique après des années de résistance et de défaites juridiques devant les tribunaux internationaux.”

L’accord prévu permettra le retour des anciens habitants de l’archipel des Chagos qui ont été déplacés de force par le gouvernement britannique dans les années 1970. Le Royaume-Uni, rapporte The Guardian, aurait l’intention de d’assurer le contrôle de sa base militaire stratégique dans l’océan Indien à Diego Garcia, qu’il loue aux États-Unis. “L’objectif était de parvenir à un accord avec Maurice au début de l’année prochaine. Cela fait suite à des pourparlers entre le Premier ministre de l’époque, Liz Truss, et des responsables mauriciens à New York en octobre”, écrit The Guardian par rapport à la déclaration ministérielle écrite de James Cleverly.

Le Royaume-Uni a été battu à deux reprises devant les tribunaux internationaux sur la question et, les ministres ayant l’intention de pencher vers l’Indopacifique, il a été estimé que la résistance britannique à un transfert entravait la capacité du Royaume-Uni à construire des alliances dans la région, écrit le quotidien britannique. “Les États-Unis semblent avoir reçu des assurances satisfaisantes sur leur base”, indique le journal. “Lorsque Maurice a obtenu son indépendance du Royaume-Uni en 1968, Londres a séparé les îles Chagos du reste du pays afin de pouvoir louer l’île de Diego Garcia aux États-Unis pour une base militaire. Le Royaume-Uni a ensuite expulsé de force 2 000 Chagossiens, qui ont mené une longue bataille juridique”, souligne The Guardian.

Il est mentionné qu’en 2019, la Cour internationale de justice, la plus haute juridiction de l’ONU, a statué que “la poursuite de l’occupation britannique des îles était illégale et que les îles Chagos faisaient légitimement partie de Maurice.”
“Le Royaume-Uni a ignoré la décision au motif qu’elle était consultative, mais cette position est devenue de plus en plus intenable dans le contexte des tentatives britanniques de défendre l’importance du droit international”, rappelle The Guardian.

De même, il est souligné qu’en 2021, le Tribunal International du Droit de la Mer (ITLOS), basé à Hambourg a statué que la revendication britannique sur l’archipel était illégale, mais le Royaume-Uni a également récusé cette décision. Plus récemment, ITLOS s’est penché sur le différend entre Maurice et les Maldives sur une étendue de 37 000 milles carrés (95 000 km2) de l’océan Indien. Les deux parties revendiquent les eaux poissonneuses comme leurs propres zones économiques.

Il est souligné que le procureur général des Maldives, Ibrahim Riffath, a déclaré au panel de neuf juges de l’ONU que l’affaire portée par Maurice existe “principalement pour faire avancer son différend avec le Royaume-Uni”. Les Maldives ont créé la surprise à la fin du mois dernier en déclarant qu’elles soutenaient Maurice dans ses efforts pour décoloniser l’archipel des Chagos du Royaume-Uni. Jusqu’à cette déclaration, les Maldives avaient toujours soutenu le contrôle continu du Royaume-Uni sur les îles.

Dans l’un des épisodes les plus honteux du colonialisme britannique d’après-guerre, le gouvernement travailliste de l’époque a expulsé les Chagossiens parce qu’en vertu du droit international, il ne pouvait séparer l’archipel de Maurice que s’il n’avait pas de population permanente”, martèle The Guardian. L’archipel a été reconstitué en tant qu’entité coloniale sous le nom de Territoire britannique de l’océan Indien, au sein duquel Diego Garcia et la base américaine pourraient reposer.

“Nous chercherons à renforcer de manière significative notre coopération sur la sécurité de l’océan Indien, la sécurité maritime et la protection marine, la conservation de l’environnement, le changement climatique, le respect des droits de l’homme, et à lutter contre la migration illégale, la pêche illégale, le trafic de drogue et d’armes, ainsi que la coopération bilatérale sur une série d’autres questions”, affirme James Cleverly.

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