Politique

Politique : Que reste-t-il du MMM des années 70 ?

Politique : Que reste-t-il du MMM des années 70 ?

Le MMM a goûté à sa neuvième défaite consécutive le 18 décembre dernier, mordant la poussière dans l’élection partielle de Belle-Rose/Quatre-Bornes. Depuis les 17 dernières années, le MMM n’a remporté aucune bataille électorale, sauf pour les élections municipales en 2001 et 2012.

Sa dernière grande victoire remonte à septembre 2000. En coalition avec le MSM, le duo avait raflé 54 sièges lors des législatives du 11 septembre de cette année là. Pour voir le MMM au sumum de sa force, il faut remonter à 1976 quand le MMM remportait haut la main les législatives, avec une majorité de 30 sièges, comparé à ses principaux adversaires qu’étaient le Ptr et le PMSD. Il a fallu une alliance post électorale entre SSR et Sir Gaëtan Duval pour contrer le chemin des Mauves vers  l’Hôtel du Gouvernement. Avec cette alliance Ptr/PMSD, le MMM était coiffé au poteau par une faible majorité de 2 sièges. Les alliances se sont ensuite enchaînées. Les mauriciens se souviennent toujours du 60-0 du MMM/PSM en 1982. En 1991, en alliance avec le MSM, en 1995 avec le Ptr et finalement en 2000 encore une fois avec le MSM, le parti remporte la victoire.

Cependant, au fil des années, les démissions se succèdent. Nous nous souvenons tous du départ de Vishnu Lutchmeenaraidoo ou d’Ivan Collendavelloo. Après les élections de 2014, plusieurs autres membres claquent la porte au MMM. Citons ici, quelques noms tels Jenny Mooteealloo, Dhanraj Boodhoo ou Vinay Koonjul.

En 2015, Alan Ganoo, Atma Bumma et Kavi Ramano décident de prendre la porte de sortie. Il y a également Joe Lesjongard et Raffick Sorefan, Lysie Ribot ou Dev Ramnah. Zouberr Joomaye, quitte quant à lui, le MMM en septembre 2016. Il y a également des démissions massives au niveau de diverses branches.

La toute dernière démission est celle de Sundee Beedassy, ancienne présidente de la Commission des Femmes. Cette dernière annonçait sa décision à Paul Bérenger le 28 décembre dernier.

Nous avons interrogé quelques anciens membres du MMM par rapport à ces événements. Jack Bizlall pense que Paul Bérenger a adopté une stratégie de renouvellement des dirigeants périodiquement. Il estime que les membres ont été quelque part forcés à prendre la porte de sortie ou ont été expulsés directement ou indirectement. Jack Bizlall est d’avis que cette stratégie a affaibli « considérablement et systématiquement » le MMM. « In elimine meyer dirizan politik kumsa. » Ces derniers ont ensuite rejoint le MSM ou le Ptr et certains ont même créé d’autres partis politiques.

« Paul Bérenger guet so lintere personnel pu ki pa remet so rol en kestion, » lance-t-il.

Jack Bizlall commente également des alliances du MMM. « Le parti s’est handicapé en pensant qu’il ne peut remporter les élections seul. » Il déclare également que le MMM a tout le temps souhaité faire alliance avec le Ptr ou le MSM. « Linn zuer enn rol sekonder. »

Le MMM a ainsi perdu de sa crédibilité, surtout au niveau de l’électorat, qui ne le considère plus comme un parti de l’alternance. De plus, le MMM s’est toujours sauvé de ses responsabilités au pouvoir. Est-ce-que le MMM pourra se relever ? Jack Bizlall pense que le « travaillisme et le militantisme est indestructible. »

Atma Bumma, affirme pour sa part que le départ de Sundee Beedassy n’est qu’un début. Il soutient qu’avec la prochaine élection des instances des Mauves, « il y aura beaucoup d’aménagements, de réaménagements et de départs. » Il prévoit également « une grande bataille de la part de Steve Obeegadoo. » Ce dernier se préparera pour « take over. »

Atma Bumma ajoute aussi que les militants sont lassés. « MMM finn perdi so bann dimunn ek so bann militan. » Il affirme que les mois à venir seront durs pour le parti.

Raffick Sorefan s’est, pour sa part, montré avare de commentaires. S’exprimant sur la démission de Sundee Beedassy, il fait savoir que « cela nous a donné gain de cause. » Pour lui, le MMM ne fait que perdre des membres influents. » Raffick Sorefan réitère que la démission de l’ancienne Présidente de la Commission des Femmes « donn nu rezon. »

Zouberr Joomaye revient sur sa démission le 23 septembre 2016. Il nous rappelle qu’il avait énuméré plusieurs raisons, dont une anticipation qu’il n’y aurait aucun changement au sein du parti. « MMM pa pou gayn eleksyon. » Il parle également du leadership de Paul Bérenger, qui, selon lui, mène le parti à la « faillite totale. »

« MMM bizin sanz leadership, » nous lance-t-il.

Zouberr Joomaye rappelle également que tout alliance que le MMM a fait durant le passé, « in perdi. » Il pense que MMM entraîne son partenaire dans la défaite. Il fait savoir que tant que le parti ne réfléchira pas sur son mode de fonctionnement, il ne remportera aucune élection.

Un autre ancien membre dirigeant est lui d’avis que Paul Bérenger est dans un « losing formula. » Il pense que, peu importe l’alliance que fera le leader des Mauves, il ne goûtera plus à la victoire.

Nous avons essayé en vain d’avoir les avis de certains dirigeants du MMM sur ce sujet.

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