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Eros, l’«Uber du sexe», est sans doute une vaste escroquerie

Eros, l’«Uber du sexe», est sans doute une vaste escroquerie

« La plus vieille profession du monde réinventée. » C’est le sulfureux pitch d’Eros, qui se présente comme une start-up californienne ambitionnant de devenir « le premier marché décentralisé du sexe ». En exploitant la puissance de la technologie blockchain, Eros veut proposer un service de prostitution en ligne anonyme et sécurisé, comme OpenBazaar le fait pour les biens communs. Problème : sans même parler du débat moral et légal, de nombreux éléments suggèrent que l’opération de financement participatif, qui atteindrait déjà six millions de dollars, n’est qu’une simple arnaque.

Dans un billet d’analyse publié le 13 juillet, le blog CryptoInsider résume bien la situation : « Deux personnes avec une simple vision, sans aucun code [informatique], aucune réputation ni crédibilité, demandent cinq millions de dollars ». Premier point suspect : les deux fondateurs, qui se présentent comme Michael O’Brien et Kevin Yang, ont quasi-intégralement plagié un document technique de 15 pages du MIT, remplaçant partout « Beaver » par « Eros ». Et côté programmation, il n’y a presque aucune activité sur leur page GitHub, alors qu’ils promettent le lancement d’une version bêta pour le 30 août.

Ce n’est pas tout. Sur son CV LinkedIn, Michael Carter O’Brien affirme être passé par l’université de Californie de Los Angeles entre 2007 et 2011, où il aurait obtenu une licence en Economie. Sauf que UCLA n’a aucune trace de son passage. « Nous avons vérifié dans nos archives et n’avons trouvé aucun ”Michael Carter O’Brien”. Toutes les personnes ont listé leur deuxième prénom et il n’y a aucun ”Carter” », précise l’université à 20 Minutes. A-t-il occupé un poste de directeur marketing chez Cisco entre 2015 et 2017, comme il l’affirme ? Réponse de l’entreprise : « Cisco ne partage pas ce genre d’information. » Le reste de sa page LinkedIn éveille également les soupçons : tous ses talents ont été approuvés par les mêmes 12 personnes au cours des six derniers mois.

 

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