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Pologne: le Parlement limite l’accès à « la pilule du lendemain »

Pologne: le Parlement limite l’accès à « la pilule du lendemain »

Le Parlement polonais dominé par les conservateurs nationalistes a voté une loi réservant l’accès à la pilule du lendemain uniquement sur prescription médicale.

C’est un retour en arrière pour les droits des Polonaises. Les parlementaires majoritairement conservateurs nationalistes ont voté mercredi soir une loi limitant l’accès à “la pilule du lendemain”.

Elle sera désormais accessible uniquement sur prescription médicale. La loi, une initiative du gouvernement de la Première ministre Beata Szydlo, a été votée par 242 députés. 188 autres se sont opposés à cette régulation, et neuf se sont abstenus.

Une mesure d’urgence qui “perd son sens”

La loi qui ne devrait pas connaître d’opposition ni au Sénat où le parti Droit et Justice (PiS) a la majorité, ni auprès du président conservateur Andrzej Duda a déjà suscité l’inquiétude des milieux féministes en Pologne. “Ce projet limite les droits de femmes en matière de reproduction”, avait regretté Katarzyna Labedz, de la Fédération pour la cause des femmes et du planning familial, interrogée en février.

Selon elle, la contraception d’urgence risque de “perdre son sens” étant donné que, pour être efficace, elle doit être appliquée dans les plus brefs délais. “Nous craignons qu’il ne s’agisse là d’une mesure restrictive de plus et qu’il n’y en ait d’autres prochainement”, a encore indiqué Katarzyna Labedz.

Un gouvernement qui restreint les droits des femmes

Le gouvernement libéral précédant avait, conformément à une règle européenne, rendu possible l’accès à “la pilule du lendemain” sans ordonnance, aux personnes âgées de plus de 15 ans. Le PiS, au pouvoir en Pologne depuis plus d’un an, a déjà mis fin au financement publique de la fécondation in vitro.

A l’automne 2016, le PiS a tenté de limiter aussi le droit à l’avortement, déjà parmi les plus restrictifs d’Europe. Cependant, sous la pression de manifestations dites “grève des femmes”, auxquelles ont participé quelque 100 000 personnes dans tout le pays, le gouvernement avait fini par rejeter le projet de loi.

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