Edito

Plus fidèle qu’Anil… tu meurs !

Le 21 février 1999 : Kaya s'en est allé…

Plus fidèle qu’Anil… tu meurs !

Elle est belle la fidélité! Mais c’est une arme à double tranchant. Peut-on défendre l’indéfendable ? Pour le Premier ministre, il n’en est pas question, surtout « par les temps qui courent ». Mais, tel qu’on connaît Anil Gayan, il a préféré jurer fidélité à Vijaya Sumputh plutôt qu’à Anwar Husnoo, son voisin de l’hémicycle et membre du même parti politique, le Muveman Liberater (ML) . Et cette fidélité à la chère dame ne date pas d’hier. Cela lui vaudra sûrement cher, même s’il dit s’en foutre, « sooner the better » pour l’enquête, dit-il sur sa page Facebook. Arrogance du pouvoir ?

Si on remonte dans le temps, on peut constater qu’Anil Gayan, avec la même verve, a défendu Vijaya Sumputh allant jusqu’à même accepter de se faire éjecter de son parti d’alors, le MSM. Il avait ouvertement montré son opposition à l’expulsion de Vijaya Sumputh, ancien membre de l’aile féminine du MSM, à qui Pravind Jugnauth avait reproché une « très grave indiscipline envers le parti et envers certains camarades du parti ». Anil Gayan avait même tenu des propos choquants en défendant bec et ongles le comportement de Vijaya Sumputh. Il a d’ailleurs brûlé ses ailes, et de quelle manière !

D’ailleurs, c’était étonnant qu’il jure fidélité à Vijaya Sumputh plutôt qu’au MSM. Il a été fidèle envers la dame jusqu’au bout, Birds of the same feathers, dit-on. L’histoire semble se répéter… cette fidélité semble être encore plus coriace. Une fois de plus, le leader adjoint du Muveman Liberater, Anil Gayan, défend Vijaya Sumputh allant jusqu’à tirer la veste de son voisin de l’hémicycle afin que le nouveau ministre de la Santé se taise et qu’il ne dit pas toute la vérité sur ce salaire faramineux de la dame qui touche plus que le Premier ministre. Mais Anwar Husnoo ne s’est, à aucun moment, laisser intimider. Il a campé sur sa position et insisté qu’une enquête soit faite sur le salaire de Vijaya Sumputh. Là, on doit saluer le ministre Husnoo qui a placé l’intérêt du pays avant tout, au lieu d’être solidaire avec un membre ministre de son parti. Anwar Husnoo, quant à lui, a juré fidélité au serment qu’il a fait pour servir son pays en toute honnêteté. Puis, il s’est basé sur les faits et Gayan le sait. Les minutes of proceedings sont aussi là.

À la Santé, on fait ressortir qu’Anwar Husnoo n’a fait qu’étaler « des faits en tant qu’une personne honnête ». Vijaya Sumputh, dit-on, a droit à un salaire de près de Rs 117 000 d’après son contrat initial. Le conseil d’administration du TFSMC, qui est présidé par Vikram Ramjee, a décidé de lui conférer une augmentation de Rs 100 000 avec l’ouverture du Cardiac Centre de Candos. Ainsi qu’une deuxième augmentation de Rs 100 000 après le départ d’un chirurgien. Cependant, Anil Gayan n’a pas hésité à tirer sur son voisin de l’hémicycle. Il a ouvertement critiqué ce dernier sur les antennes d’une radio privée. Pourquoi?

L’ex-ministre de la Santé pensait-il que le gouvernement allait épouser sa célèbre citation « Government decides » Pensait-il que personne n’a de compte à rendre ? Avec toute sa sagesse, avec toute son expérience comme ministre et politicien, il aurait peut-être oublié que « government is government but the Prime minister is not the same Prime minister ». En effet, Pravind Jugnauth a démontré, à travers ses différentes déclarations sur la question, qu’il means business et qu’il ne tolérera aucun écart de quiconque. N’avait-il pas déclaré que même si c’est son enfant qui était impliqué dans un trafic de drogue, il serait sans pitié. Et le cher Anil Gayan est loin d’être l’enfant de Pravind Jugnauth. Nous ne voulons pas dire, ici, qu’Anil Gayan est pour quelque chose dans ce paiement. Mais il y a eu des circonstances atténuantes et l’enquête qui sera menée fera la lumière sur toute l’affaire.

Vijaya Sumputh n’est pas novice quand il s’agit de défrayer la chronique. D’ailleurs, en 2005, elle avait défié Pravind Jugnauth pour que ce dernier vienne révéler en public les propos qu’elle aurait tenus contre certains dirigeants du MSM. L’avocate avait ainsi riposté face à son expulsion du parti. Une décision prise par le leader du MSM qui lui reproche les commentaires « défavorables » visant particulièrement Joe Lesjongard et Nando Bodha sur certains dossiers alors qu’ils occupaient un portefeuille ministériel.

En tout cas Anil Gayan est sur les lèvres de tous politiciens que ce soit au gouvernement comme ceux de l’Opposition. Ils se posent les mêmes questions : Qu’adviendra-t-il d’Anil Gayan ? Aura-t-il le support d’Ivan Collendavelloo ? Le ML penchera-t-il pour Gayan ou pour Husnoo ? En tout cas on souhaite avoir quelques indications après la réunion inofficielle de quelques membres/fondateurs du Muveman Liberater cet après-midi…

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