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Stéphane Toussaint : « Je viendrais très bientôt avec un plan de financement »

Stéphane Toussaint : « Je viendrais très bientôt avec un plan de financement »

Le financement des fédérations et des athlètes de haut-niveau ont toujours été un souci permanent pour la communauté sportive. Près d’un mois après sa nomination comme ministre de la Jeunesse et des Sports, Stéphane Toussaint annonce déjà un plan. Inside News l’a rencontré mardi dernier.

  • Près d’un depuis votre nomination, vous avez pu faire un état des lieux de la situation. Comment évaluez-vous l’état de santé du mouvement sportif ?

Je l’ai dit à plusieurs reprises, il y de bonnes bases qui ont été jetées durant ces deux dernières années.  Le sport, dans l’ordre général, se porte bien. Pour ce qui est du sport de masse, la nation mauricienne a une culture sportive. On le voit à Trou au Cerfs et dans les endroits publics. Le sport scolaire n’est pas mal du tout. Par rapport aux nouveaux projets et dans le cadre du ‘nine-year schooling, le sport à ce niveau va prendre une nouvelle dimension. Je parle de la natation lancée dans les écoles et d’autres disciplines qui vont être introduites dans le cursus scolaire très bientôt, dont l’athlétisme et le football.

  • Et l’élite ?

Avant d’aborder l’élite, je voudrais parler du sport au niveau secondaire et universitaire. Il faut savoir que le sport devient un sujet à part entière au secondaire, dont le Physical Education Studies. Avec les différentes compétitions organisées par la MSSSA je pense que tout va pour le mieux. Au niveau tertiaire, il faudra peut-être un peu plus d’encouragement. Les étudiants des universités doivent faire plus de sport et pourquoi ne pas créer une compétition entre eux pour créer justement une culture sportive. J’ai pu constater que ce n’est pas nécessairement le cas pour tout le monde. Pour ce qui est de l’élite, nous avons pu obtenir d’excellents résultats ces derniers temps, ce qui prouve que nous sommes  sur la bonne voie. Bien sûr, il y a du boulot, beaucoup d’encadrement à donner pour parvenir à des résultats aux Jeux des iles de 2019, voire les JO de 2020. Il est important de signaler que tout passera par d’autres échéances dont les Jeux du Commonwealth, les Jeux de la Francophonie, entre autres. Mais ces compétitions ne seront que des tremplins qui vont nous mener vers les échéances de 2019 et de celle de 2020. Voilà dans l’ordre général la situation. Bien sûr, je vais construire sur ces mêmes bases et je vais y apporter ma touche personnelle.

  • Qu’en est-il du sport féminin ?

Je dois dire qu’il y a un très bon travail qui se fait pour développer le sport féminin. Je vois que les femmes ont pris conscience qu’elles ont aussi besoin de prendre du temps libre et de pratiquer une activité sportive.

  • Après ce survol, quel sera votre dossier prioritaire ?

Il faudra prendre plusieurs dossiers en même temps. Le gros morceau demeure les JIOI, mais avant d’en arriver à ça, il faut pouvoir régler certaines choses et créer des possibilités pour que nos sportifs puissent briller aux JIOI et aux JO. A cet effet,  je vais veiller que les sportifs reçoivent tous l’encadrement et l’aide possible, je parle du financement des structures pour l’entrainement, des frottements avec des athlètes étrangers.

  • Voulez-vous dire que vous allez créer de nouvelles structures sportives ?

Je rencontre actuellement des acteurs du monde sportif, soit des dirigeants fédérations et pas mal d’athlètes pour connaitre leurs besoins. A partir de là, je vais pouvoir avoir une meilleure idée de la structure qu’il va falloir mettre en place.

“Le sportif aussi bien que sa famille ont besoin de vivre”

  • A partir de ces consultations, vous avez surement dû vous rendre compte que le principal souci de la communauté c’est le financement. Avez-vous des plans ou des projets ?

Le sportif aussi bien que sa famille ont besoin de vivre. J’ai pris toutes les doléances en considération et je viendrais très bientôt avec un plan de financement.

  • Vous semblez avoir quelque chose en tête !

Oui, mais je ne dévouerai rien pour le moment.

  • CSR ou autre ?

J’y travaille et j’en ai parlé à certaines personnes. On devra trouver des solutions aux problèmes financiers des athlètes. (Rires). Ca peut-être CSR ou autre chose, vous ne me tirerez pas les vers du nez.

  • Ou en est-on avec l’organisation des JIOI ?

Pour le moment, les fédérations sont au stade de la préparation de leurs présélections respectives. Les choses sont en bonne voie pour le multi-sport complexe. Dans ce sens-là, il y a eu un atelier de travail pour le projet Côte d’Or. Il y a un audit des infrastructures sportives qui est en cours actuellement au niveau de mon ministère. A partir du rapport on connaitra nos besoins en termes d’infrastructures.

  • Côte d’Or servira donc de site de compétitions et de village des Jeux, si on comprend bien…

Non. On a parlé de la construction d’une piscine et d’un gymnase pour les compétitions, mais pas de Village des Jeux.

  • Et l’hébergement ?

Les discussions jusqu’à présent sont toujours entre construire un village des Jeux ou placer les athlètes dans les hôtels.  A ce sujet, du travail a été fait en amont pour avoir des cotations des différents hôtels. On va finaliser incessamment.

  • Se basant sur ce que vous avancez, l’option hôtels est celle la plus envisageable !

Exactement. Plusieurs hôtels pas très loin l’un à l’autre. J’ai comparé les chiffres et le problème demeure l’utilisation d’un village de Jeux après les JIOI. Aucune décision n’a été arrêtée pour l’heure, mais disons que les hôtels peuvent être la solution.

  • Qu’en est-il de la nomination du directeur du COJI après la démission de Georges Cheung ?

Il faut placer les choses dans le juste contexte. Georges Cheong est un gentleman qui m’a donné carte blanche et pour par principe m’a soumis sa démission pour me laisser libre de travailler avec la personne que j’aurais désignée. Je n’avais aucun problème de travailler avec lui, mais c’est quelqu’un qui a beaucoup de principe. Nous sommes donc à la recherche du patriote et permettez-moi d’en profiter pour lancer un appel. Le directeur du COJI c’est un poste non-rémunéré. Ce doit être quelqu’un qui aime le sport et son pays et surtout qui a du temps à consacrer dans la préparation des JIOI.

  • Le judo, le handball et le handisport. Trois fédérations qui sont en proie à des conflits internes qui bloquent les athlètes. Peut-on savoir ou en êtes-vous sur ces dossiers ?

Pour le judo, un ‘caretaker comitte’ a été mis en place et le travail se fait. Pour ce qui est du handball, j’ai cru comprendre qu’ils vont organiser de nouvelles élections et je suis confiant que le problème sera réglé au plus vite. Pour le handisport, j’en ai parlé à plusieurs acteurs et j’ai proposé que tout le monde s’assoit autour d’une table, qu’on discute afin de parvenir à des solutions. J’ai lancé l’idée, j’attends un retour de leur part.

  • Terminons sur une bonne note avec la consécration d’Aurélie Halbwachs !

J’ai eu l’occasion de lui parler à son retour à Maurice. C’est beaucoup de travail pour atteindre ce niveau. Elle a une petite fille d’un an et demie qui était souffrante, alors qu’elle était en pleine compétition en Egypte, avec tous les problèmes organisationnels. Je lui ai demandé comment elle a pu gérer tout cela et ramener deux médailles d’or. Aurélie a utilisé le mot bulle. Je dis chapeau, parce que pour atteindre ce niveau de concentration, il y a un gros travail derrière. C’est magnifique ce qu’elle a réalisé.

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