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Le tourisme et ses dommages collatéraux

Le tourisme et ses dommages collatéraux

Le tourisme et ses dommages collatéraux

L’industrie du tourisme a rétrogradé l’industrie sucrière au deuxième rang de notre source de revenue. Notre économie en dépend largement. Si les touristes viennent chez nous avec leurs euros ou dollars ou encore petro dollars, ils peuvent s’offrir certains items à n’importe quel prix, de chez n’importe quel revendeur. Mais qu’en est-il des mauriciens ? Se contenteraient-ils de voir les homards ou langoustes en image seulement, tant leurs prix sont exorbitants ?

A part les items d’alimentation, il y a aussi les vêtements de marque, qui ont des griffes à vous griffer le portemonnaie. Les mauriciens doivent-ils toujours se contenter des T-shirts des foires, ou courir vers les marchands ambulants qui déambulent sur les routes tôt le matin, avant l’arrivée des « Tornados » ?

Seules quelques familles mauriciennes sont assez bien loties pour faire des achats dans les grands centres commerciaux du pays, que ce soit à Grand Baie ou à Bagatelle.

Bien souvent on entend cette phrase qui nous revient comme un leitmotiv « ayoo.. ici zis touristes ki capave mette nenez… Nous meme pas capave mette lipie ! ».

Nous sommes loin de blâmer ces commerçants qui affichent des prix à vous couper le souffle. Ils ont des dépenses faramineuses à encourir. A commencer par les frais de locations qui sont aussi hauts que les bâtiments a 20 étages.

Pour compenser ces dépenses exorbitantes, ils affichent des prix également exorbitants pour certains articles. Par exemple, on peut se retrouver à acheter une bouteille d’eau à Rs 90! A vous rendre la gorge sèche. Heureusement les sorbets vendus sur les plages  a Rs 600 sont réservés seulement aux étrangers !

Pourra-t-on un jour, faire gouter aux mauriciens la joie de porter un vêtement griffé, ou déguster une langouste ou un saumon fumé à un prix qui ne lui restera pas en travers de la gorge ? Nous sommes entourés d’un grand océan qui promet mille promesses avec son projet d’économie bleue mais les prix nous font voir rouge. On se demande si on ne devrait pas établir deux prix différents pour les touristes et les mauriciens autour d’un même item! On pourrait payer le prix mauricien sur présentation de notre carte d’identité.

La Consumer Protection Unit, qui tombe sous l’égide du ministère du Commerce, pourrait-elle faire bouger les choses en ce sens ? C’est vrai que ” le client est Roi…” mais encore il nous faut avoir les salaires d’un roi pour bénéficier de cette « royauté »

C’est bien de satisfaire les touristes qui contribuent largement à notre économie. Mais il faut penser à la population dans son ensemble. Si le peuple ne se sent pas bien dans ses baskets, il ne pourra se démener comme un beau diable pour accueillir les touristes et rendre leurs séjours mémorables.

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