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[Vidéo] Murugen Chetty (entraîneur de l’AS Rivière du Rempart) : « Il n’y a pas de cohésion entre la MFA et la MPFL »

[Vidéo] Murugen Chetty (entraîneur de l’AS Rivière du Rempart) : « Il n’y a pas de cohésion entre la MFA et la MPFL »

Murugen Chetty, entraîneur de l’équipe de football, AS Rivière du Rempart brosse un tableau plus ou moins sombre du football local. Il est d’avis que le manque de cohésion entre la Mauritius Football Association (MFA) et la Mauritius Professional Football League (MPFL) serait une des causes. Il aborde en exclusivité pour Inside News les sujets brûlants de l’actualité footballistique. Il évoque la situation peu enviable de son équipe, qui se retrouve à la dernière place de la MPFL.

MPFL : Rivière du Rempart…lanterne rouge 

« Oui, il est vrai qu’on se retrouve dans une position peu enviable au classement.  Cependant, il faut comprendre que j’ai repris l’équipe il y a à peu près un mois. J’ai fait un constat de la situation et je suis parvenu à la conclusion que le problème était la condition physique des joueurs qui était au plus bas. Après deux semaines de travail, je constate que les joueurs ont réalisé des progrès, ce qui est de bons augures pour la reprise du championnat. On dispute notre premier match de 2017 le 8 janvier et je pense que déjà qu’on réalisera de bons résultats. »

Professionnalisation…qu’un mot

« Je pense qu’on a faussé les débats à ce sujet. Un joueur ne devient pas un professionnel en le faisant courir matin et soir. Il aurait fallu débuter avec des jeunes qui auraient appris la discipline. Avec ce système d’un championnat constitué d’une unique division, on risque de voir une équipe professionnelle devenir amateur du jour au lendemain et vice-versa. Je pense qu’il existe d’autres lacunes. Comment peut-on parler de professionnalisme alors que des équipes n’ont même pas de terrain d’entraînement,  de salle de projection de vidéo et encore moins de salle de musculation?» 

Sur le quota des joueurs étrangers

« C’est un aspect positif, car ainsi un entraîneur est certain de commencer sa séance d’entraînement avec les cinq joueurs étrangers. Sans être méchant, le retard fait partie de notre culture et il n’y a que de rares cas où je peux commencer mes entraînements à l’heure prévue. Je peux aussi dire que la mentalité des footballeurs mauriciens a évolué. Ils doivent réaliser qu’ils ont choisi le football comme leur métier et qu’ils doivent consentir à de sacrifices. L’apport des joueurs étrangers pourrait s’avérer bénéfique dans ces circonstances. Toutefois, le point sombre c’est la qualité des expatriés qui évoluent dans notre championnat qui mérite que l’on s’y attarde. » 

Et s’il était à la tête de la MFA?

« Je pense que je réunirais d’abord toutes les personnes concernées autour d’une table. Actuellement il y deux équipes. D’un côté la MFA qui gère le football à Maurice et la MPFL qui lui gère le football professionnel. Je ne sais pas ‘which is which’, car il n’y a pas de cohésion entre ces deux instances. Le championnat en souffre, car je me demande si la MFA fait un suivi des équipes. Est-ce que la Fédération est au courant que des clubs n’ont toujours pas monté une équipe junior qui demeure la pépinière des clubs ? Je pense qu’on n’a pas the ‘right man in the right place’ qui n’est pas au courant de ce qui se passe au niveau du championnat. Je parle du président de la MFA et de l’équipe qui travaille avec lui. À titre d’exemple, j’ai obtenu mon diplôme d’entraîneur de niveau C il y a cinq ans. Depuis j’attends toujours les examens pour monter en grade. C’est comme-ci je détenais un certificat de SC et que j’attends depuis cinq ans de passer des examens de la HSC. Les candidats ne manquent pas portant. Le président de la MFA aurait dû être au courant de ce problème et remédier à la situation. Ce n’est qu’un exemple. »

On continue à reculer

« J’ai brossé un tableau, il est vrai, négatif étant un amoureux du football. Au bout de 10 ans, on aurait dû reculer pour mieux sauter. Mais je suis d’avis qu’on continue à reculer. Ce qui est chagrinant dans tout cela, est qu’il y des personnes autour du football qui peuvent apporter leur pierre à l’édifice. Mais il se trouve que ces personnes ne sont pas ‘on board’. Mais notre football est appelé à progresser. Nous avons des talents qu’il nous faudra exploiter. Nous possédons des diamants que nous pouvons transformer en bijoux. Et on peut amputer la faute qu’aux administrateurs. »

Vœux pour 2017

«  Notre vision s’arrête aux Jeux des îles. Il nous faudra nous tourner vers l’Afrique et pourquoi ne pas viser la Coupe du monde. Ce sont des objectifs que l’on peut atteindre si on passe par certaines étapes. Mais il faudra nous ressaisir y mettre du sien. Je parle de la MFA, des dirigeants de clubs, au gouvernement et aux entreprises privées, entre autres. La relance du football local est possible, mais pas en passant par ce qui se fait actuellement. Il faut se dire que le football peut réunir toute une nation, qui peut aider un jeune à sortir de l’enfer de la drogue. C’est dommage que ce soit un aspect qu’on ait tendance à ignorer. »

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