Interview

Me Coomara Pyaneandee : « Les principes doivent guider la politique plutôt que l’inverse »

Me Coomara Pyaneandee : « Les principes doivent guider la politique plutôt que l’inverse »

Me Coomara Pyaneandee : « Les principes doivent guider la politique plutôt que l’inverse » 

Dans l’interview qui suit, Inside News a rencontré Me Coomara Pyaneandee, un avocat non-voyant qui nous parle de tout, son accession au Comité des droits des handicapés des Nations unies, et de son handicap…

> Est-ce que votre handicap vous pose-t-il problème dans votre métier de juriste ?

Je ne le vois pas comme un obstacle dans ma vie. Même si je dois admettre que beaucoup de personnes, dont des juristes m’ont découragé de poursuivre sur ma lancée. Mais moi, je suis un battant qui croit en ma capacité. Donc j’ai relevé le défi, et je suis fier de ce que je suis aujourd’hui.

> Parlant de défi justement, comment avez-vous atterri dans ce monde ?

Je suis issue d’une famille modeste. Tout n’a pas été rose pour moi. A cause de mon handicap, je n’étais pas très bon académiquement. Je n’avais pas vraiment de soutien à l’école primaire. De ce fait, on m’a transféré dans une école spécialisée pour les autrement capables. Dieu merci j’ai pu passer avec succès mon certificat d’études primaires. Je dois admettre que une de mes plus grands regrets est de n’avoir pas passé mon HSC. Cela m’a beaucoup affecté. J’avais pensé tout de suite que tout était fini pour moi. Cependant, ma vie a soudainement changé quand j’ai rencontré Sheela Baguant, une travailleuse sociale, qui m’a convaincu de devenir quelqu’un dans la vie, de choisir une carrière et d’essayer de changer le monde. C’est la raison qui m’a poussé à caresser ce rêve.

> Quelles sont vos sources d’inspiration dans la vie ?

Je suis de ceux qui pensent qu’être un avocat des droits de l’homme équivaut à un rude combat contre la discrimination et la défense des droits et libertés des gens. Ma devise dans la vie est que les principes doivent guider la politique plutôt que l’inverse. Je me sens fier de ce que j’ai accompli. Je suis aujourd’hui très fier de l’île Maurice et de ses réalisations, mais il y a encore un long chemin à parcourir.

> Le gouvernement fait-t-il assez pour les personnes autrement capables ?

La question que je me pose vraiment, c’est quel est la responsabilité des associations non-gouvernementales (ONG) ? Je vois qu’il existe une sorte de division dans leurs actions pour le bien être des autrement capables.  Et cela ne date pas d’aujourd’hui, mais depuis l’indépendance de Maurice, en 1968. C’est pour cela que les personnes autrement capables ne sont pas prises en grande considération.  De mon coté, je milite pour qu’il ait une place meilleure pour ces gens dans la société. Je suis un des juristes qui avait écrit une loi contre la discrimination. J’attends qu’elle soit approuvée par les parlementaires.

> Que pensez-vous du transport des handicapés ?

Plusieurs alliances politiques se sont succédé à la tête du pays, mais le problème du transport public est toujours d’actualité.  Le subside sur des véhicules de 1450 cc pour les handicapés est complètement absurde.  Je fais un  appel au gouvernement présent de trouver une solution pour que les autrement capables puissent contribuer au développement économique du pays.

> Quel est votre rôle au sein du comité des droits des handicapés des Nations unies ?

Les Nations unies peuvent dans une large mesure influencer les politiques relatives aux droits et libertés des personnes handicapées. Elles sont près de 650 millions dans le monde. J’ambitionne d’améliorer leurs conditions, sachant que 90% des enfants handicapés vivant dans les pays en développement ne vont pas à l’école et que le taux de chômage chez des personnes handicapées peut atteindre 80% dans certains pays. Mon rôle est d’analyser et examiner les plaintes des individus autrement capables du monde entier, pour enfin soumettre un rapport susceptible de les aider à résoudre leurs problèmes.

> Que dire de la liberté du judiciaire ?

Depuis son existence, les jugements de la Cour suprême ont toujours rendu justice. La cour suprême a toujours agit comme un rempart contre des décisions arbitraires ou les abus quelconques.   

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