Société

Goolam Meeajan : L’homme qui dort à la belle étoile

Goolam Meeajan : l’homme qui dort à la belle étoile

Goolam Meeajan : L’homme qui dort à la belle étoile

Baladant dans le centre de la capitale entre des bâtiments qui coûtent des millions de roupies, un petit bonhomme à allure simple attire notre curiosité. Il se déplaçait difficilement vers un petit coin du kiosque du Jardin de la Compagnie. On n’a pu continuer notre route sans lui aborder une petite discussion.

Goolam Meeajan est un SDF (Sans domicile fixe). Agé de 54 ans, il passe désormais son quotidien sous le kiosque du Jardin de la Compagnie. Cela fait quatre ans qu’il a élu domicile en ce lieu. Si vous traversez dans le jardin de la Compagnie, vous avez certainement croisé cet homme allongé au bord du kiosque. Auparavant, il gagnait sa vie comme marchand ambulant mais ce travail précaire n’était pas suffisant pour nourrir son homme. Selon lui, ce travail instable était la source de dispute entre lui et sa sœur qui l’hébergeait. « Cash pas ti p assez. La cause ça ti p gagne ene tas problème. Mone prefere aller, » confie le SDF.

Le mauvais sort s’est acharné sur Goolam Meeajan, qui a connu des problèmes de santé. Il a dû cesser de travailler. « Mo ti gagne ene probleme dans mo lajame et mo pas capave tro marcher aster, » regrette Goolam Meeajan. Rejeté par sa famille, sans travail et sans logement, il n’a d’autre choix que de passer ses nuits à la belle étoile au jardin de la compagnie avec d’autres sans domicile fixe (SDF). Avec des cartons qui lui servent de lit, il affronte les inconvénients du temps pour dormir. « Parfois kan gagne gros la pluie, pas koner kot pou sauver, partout tremper meme. Mo lipied pas bon, mo bisin marche avec ene baton. Li ene martyre pou moi, » souligne-t-il.

Dormir le ventre vide

Goolam Meeajan raconte que bien souvent il n’a rien à se mettre sous la dent avant d’aller dormir le soir. « Des fois, ena dimoune ki amene manger pou nous, mais parfois nous pena narien. Nous zis boire de l’eau avant alle dormi, » confie-t-il avec des larmes aux yeux. Goolam Meeajan parle à la troisième personne du pluriel, parce que de temps en temps il y a d’autres SDF qui viennent se joindre à lui. Il souhaite pouvoir un jour se trouver une maison. « Mo souhaiter ene jour mo reve realiser kumsa mo capave gagne plis trankilite… ». Pauvre mais sincère, il déclare que si un jour il trouve un toît, il n’oubliera jamais ses autres camarades SDF.

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