Interview

Ajay Gunness : « on a découvert le vrai visage de Navin Ramgoolam que le jour du ‘nomination day’ »

Ajay Gunness : « on a découvert le vrai visage de Navin Ramgoolam que le jour du 'nomination day' »

Ajay Gunness : « on a découvert le vrai visage de Navin Ramgoolam que le jour du ‘nomination day’ »

Inside News a rencontré Ajay Gunness, le secrétaire General du MMM à Ebène. Dans l’interview qui suit, ce dernier nous parle de l’avenir du MMM et nous explique pourquoi le MMM ira seul aux prochaines élections.

Comment se porte le MMM d’aujourd’hui, il nous semble que le navire coule davantage…

Je dirai le contraire ! Le meilleur agent du MMM est le gouvernement, car l’alliance Lépep est en net déclin. D’ailleurs, notre congrès-anniversaire du 25 septembre dernier a démontré notre force. En ce moment, on prépare notre prochain meeting qui aura lieu le 11 novembre prochain, à Bar Chacha, Rose-Hill. Lieu qui est considéré comme « la citadelle mauve ». Par la suite, on aura plusieurs congrès à travers l’île : centre Idriss ou encore à Belle-Air. Tout cela prouve qu’on est sur la bonne voie. On attend surtout la rentrée parlementaire avec beaucoup d’impatience car on a travaillé sur pas mal de dossier et on parle même de scandales.

Parlez-nous un peu sur votre « camarade » Steeven Obeegadoo ?

(Moment de réflexion)… Je peux vous dire que ce n’est pas vraiment une situation de malaise. D’ailleurs, je considère Steeven d’être un vrai militant tout comme moi. On avait débuté notre carrière politique à la même époque, en 1976. Il faut rappeler qu’au moment où il y avait la trahison des dissidents (NDLR : Alan Ganoo et consorts), il avait décidé de rester et d’apporter sa réflexion pour le bien du MMM. Le 1er mai 2015, lors de la journée de réflexion, on lui a confié la tâche de constituer un « task force » pour instaurer une nouvelle constitution pour le bien-être du parti. En 2016, il a rendu ledit rapport où Steeven a voulu apporter ses idées au sein du BP. A partir de là, le comité central a amendé ce que le BP a proposé. Je peux vous assurer que tout est passé très bien. Le hic ! c’est l’interview qu’il a accordé dans un journal, où il critiquait les méthodes du MMM. Mais, heureusement qu’il a fini par réaliser que ses propos ont été mal-interprétés. Suite à cet évènement, samedi dernier, on a beaucoup discuté en toute franchise au comité central. Je dois vous dire que lundi, le BP s’est réuni une nouvelle fois, et les choses ont évolués très positivement.

Il nous semble que ce dernier se sent gêner quand on lui évoque la situation au sein de la maison mauve…

(Rires)… Ah bon, parlez-lui en maintenant. Il est plus posé, car tout est clair aujourd’hui, l’avenir est avec le MMM.

Avec la configuration de 6 députés au Parlement, le poste de leader de l’opposition est-il menacé, selon vous ?
On l’a dit, on le redit. Au MMM, personne n’est attaché à aucun poste. Mais, il faut reconnaître que d’être leader de l’opposition, c’est un devoir constitutionnel. D’ailleurs,  avec Paul Bérenger dans ce rôle, on peut voit les nombreuses PNQ très pertinentes. Soyons claire, tant que nous avons la majorité, Paul Bérenger restera leader de l’opposition. Cependant, s’il sent qu’il n’a plus le soutien de la majorité dans l’opposition, il rendra son tablier, personne ne l’ordonnera !

Pensez-vous qu’un jeune, pas issue du clan Bérenger, peut aspirer à être leader du MMM un jour ?

On n’a jamais cru dans une politique de dynastie ! On est le seul parti qui n’y croit pas dans ce genre de politique…

Avant peut-être, mais valeur du jour, beaucoup de personnes se posent la question de l’après Paul…

« Ou koner, si demain, enn proche Paul vini et dire li so zenfant envi ferr la politik, pa pou kapave empess li ! » Mais, le principe au MMM, c’est qu’il doit gravir les échelons. De ce fait, il doit faire ses preuves sur le terrain.

Si demain le MMM part seul à une éventuelle élection et que vous la gagnez, avez-vous avez une équipe pour composer un gouvernement pour 24 ministères ?

Bien-sûr, que ce soit sur le plan économique ou social, on a déjà fait notre preuve dans le passé. On a aidé au développement du pays et on sait comment diriger un pays.

On ne peut sans doute pas retirer ce que le MMM a contribué, mais cela a été à chaque fois en alliance avec un autre parti ! Mais là, on parle du MMM seul au pouvoir…

Il est vrai qu’on était à chaque fois en alliance, mais je dois faire ressortir qu’on avait nos mots à dire quand il était question des décisions importantes.

Alors selon vos dires, le MMM a déjà son programme électoral…

Evidemment ! D’ailleurs, le premier paragraphe de notre nouvelle constitution qui sera amendé prochainement est consacré  au programme électoral. Ainsi je peux vous confirmer que notre programme est prêt, aussi bien que l’équipe ! Cependant, on est conscient que ce sera difficile de remettre le pays sur les bons rails. Mais c’est peut-être le destin du MMM, comme dans le passé.

Parlant des dissidents, il semble que le parti du MP coule aussi…

Ah…vous savez dans la vie, parfois on se trompe, tout comme nous. Par exemple, ce n’est qu’après le « nomination day » pour les législatives 2014, qu’on a découvert le vrai visage de Navin Ramgoolam. Concernant le MP, je dirai toutefois qu’Alan Ganoo n’a jamais été un leader. Après tout, « No one is born a leader ». D’ailleurs, les suiveurs n’étaient pas des gens homogènes, ce qui a provoqué l’éclatement du MP. Ce sont tous des « roders boutes ». Mais je ne m’attendais pas à ce que cela arrive aussi vite. En tout cas, nous au MMM, on ne considère pas le MP comme un adversaire crédible. « Lors terrain MP na pas vaut nanié… »

Roshi Badhain a, tout récemment évoqué : « on doit cesser d’aller voir les politiciens pour l’emploi », partagez-vous cet avis ?

Ecoutez, quand un gouvernement ne peut pas créer de l’emploi, c’est normal que ces derniers doivent voir les politiciens pour se faire embaucher ! Mais ce n’est pas évident car cela implique surtout nos jeunes qui deviennent forcément des esclaves de ces politiciens par la suite.

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