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A l’université : Alcool, cigarettes et drogue, un nouveau style de vie

A l’université : Alcool, cigarettes et drogue, un nouveau style de vie

La poursuite des études universitaires a toujours représenté un moyen pour les jeunes de se faire une place dans la société. Mais les choses ont beaucoup changé avec la menace que représente aujourd’hui la consommation d’alcool, de cigarettes et des drogues parmi ces étudiants.

C’est la triste réalité à laquelle on est aujourd’hui confronté.  En effet, ces fléaux ne touchent plus seulement les groupes marginalisés de la société, mais également ceux considérés comme faisant partie d’une élite, voire les dirigeants de demain : les étudiants d’universités.  Le constat sur le terrain est alarmant. Quelle en est la cause ? Existe-il les moyens de s’en sortir. Dans le cadre de notre  enquête, des sociologues tentent d’expliquer le phénomène, mettent tout un chacun devant ses responsabilités et proposent des solutions.

« Sa banes zens zordi zurs la pa fassil r zot sa». On entend souvent ces commentaires passés sur le compte des groupes d’étudiants qui poursuivent des études universitaires à Maurice. Pour se libérer du stress, on fait la fête dans une ambiance de folie ou l’alcool coule à flots, les cigarettes  consommés sans retenue et où la drogue trouve sa place.  C’est un moyen de se détendre, avancent des jeunes. On a aussi été mis en présence d’un autre fait troublant. Ce ne sont pas que les garçons qui se livrent à de tels excès lors des rencontres en groupe. Les filles se mettent aussi de la  partie. Comme les garçons, elle lèvent le coudre, fument et sont consommatrices de la drogue », rapporte la sociologue  Maliny Naidoo Soobrayen, qui parle là d’une situation alarmante.

« Aujourd’hui, il n’existe aucune différence de comportement entre les deux sexes. La situation est même déroutante lorsqu’on réalise  que les filles  sont plus grandes consommatrices de boissons alcoolisées que les garçons. Elle se dit attristée par le fait qu’à Maurice, on assiste à une dégradation des valeurs.

Les plus jeunes parmi les étudiants sont également exposés aux fléaux.  Maliny Naidoo Soobrayen déplore, en effet, l’attitude « irresponsable » de certains  commerçants  qui ne se soucient pas dit-elle, du mal causé par la vente d’alcool et de cigarettes à cette catégorie de consommateurs en herbe « Alors que la loi n’autorise pas la vente des cigarette et d’alcool aux mineurs, des commerçants sans scrupules  en font fi,  n’ayant à cœur que l’avancement de leur business ». De ce fait les jeunes n’ont absolument aucune difficulté pour s’en approvisionner.

Mais les commerçants ne sont pas tous pareils.  Raj un boutiquier de Port Louis affirme qu’il s’acquitte correctement de son travail. « Si un jeune veut acheter de l’alcool ou des cigarettes chez moi, je présume qu’il est majeur». Mais en ce qui concerne les étudiants des institutions secondaires, je leur exige leur carte d’identité. « Avec sa bane-la, pa kapav prendre risk » ; On s’exposent à de fortes amendes en cas d’infraction.

Face a ce tableau, un contrôle rigoureux sur le terrain s’impose de la part des autorités.  Il faut comprendre que nos jeunes représentent toute notre richesse, souligne  pour sa part Maliny Naidoo Soobrayen.

Cette dernière fait aussi un autre constat. Il existe ce qu’on appelle  le fameux « peer group » qui exerce son influence sur les groupes vulnérables. Généralement, son action produit des résultats. Par exemple, un  jeune qui fait son entrée à l’université est généralement timide, effacé. Mis au fil du temps, sa personnalité va changer au point qu’on notera une transformation radicale de sa personnalité au terme de ses années d’études universitaires. Ce changement s’explique aussi par ses fréquentations et la nécessité pour lui d’imiter les aînés ou de se démarquer des autres. « Les jeunes ont tendances à vouloir montrer qu’ils sont eux aussi branchés».  Or être branché signifie d’avoir une cigarette accrochée aux lèvres et une canette de bière entre les mains».

La sociologue pense que les medias exercent une grande influence sur le comportement des jeunes. Sans compter également les réseaux sociaux qui ont à cet égard une grande part de responsabilité  lorsqu’ils véhiculent des informations sur le style de vie occidentale.

Et la responsabilité des parents dans tout cela ? Maliny Naidoo Soobrayen note que ceux-ci démissionnent devant leurs responsabilités. Ils choisissent de  confier la tache aux seuls éducateurs.  Il leur appartient pourtant de jouer pleinement leur rôle en  inculquant une bonne éducation tant sociale qu’académique à leurs enfants.  Et là jugement sans appel de la sociologue. Lorsqu’on voit un jeune sous l’emprise des les fléaux sus mentionnés, on saura que les parents ont démissionné devant leurs responsabilités.

Les parents doivent être des modèles pour leurs enfants

Elle ajoute que  les parents doivent servir de modèle pour leurs enfants». Mais dans les situations où les membres de la famille de l’étudiant sont portés pour l’alcool et la cigarette,  il n’e serait guère étonnant que les enfants soient influencés par ce mode de vie.

La sociologue dit avoir noté que le comportement de nos jeunes a beaucoup changé au cours de ces dernières années. Soit depuis les années  1990-2000.  « A cette époque, on sentait chez un jeune fréquentant l’université, un certain degré de maturité.  « Je constate que tel n’est plus le cas aujourd’hui.  Pour nos jeunes, boire un coup le  vendredi n’a rien de plus normal. Ce qui est inquiétant, c’est que ces jeunes ne se soucient pas du regard des autres sur eux.

La où le bât blesse encore se situe au niveau de la formation. Les différentes campagnes de sensibilisation organisées par des associations non gouvernementales  n’atteignent pas leur but.   « Ces campagnes ne visent pas vraiment les jeunes et ceux-ci ne se sentent guère concernés par ce qu’on leur propose.  Elle suggère la mise en œuvre des campagnes sur des thème plus « cool et friendly », agrémentées de  musique et d’animations etc. avec une dose de pédagogie.  Ce sera là un moyen de  toucher  le plus grand nombre de jeunes qui vont ainsi vivre  des moments inoubliables et être incités à changer de style de vie. Mais il y aura d’autres qui rechigneront de changer leurs mauvaises habitudes et cela est une autre triste vérité, note Maliny Soobrayen.

Témoignages

  1. Jean Claude: « Il faut un lien de confiance entre parent et l’étudiant » Jean Claude , 53 ans est père de deux enfants, dont un fréquente une université privée. Le quinquagénaire nous fait comprendre qu’il est plus ami pour son fils que père. Il concède que son fils a parfois dérapé dans le passé. Mais il dit avoir toujours agit avec calme. Il avoue que lui-même était un étudiant très bruyant. Alors comment ne pas comprendre le comportement de son fils ? « C’est normal qu’il se conduise ainsi à son âge, qu’il se libère. Mais il est d’avis que tout parent doit être sévère envers leurs enfants tout en étant leurs confidents. C’est à ce prix que s’établira un climat de confiance mutuelle. Ce qui est vitale au sein d’une famille».  Pour Jean Claude, dans certains cas il est impératif que les institutions universitaires prennent conscience que les étudiants se livrent à des excès. « On peut voir des jeunes ivres mort, alors qu’ils sortent de l’Université. C’est une situation regrettable pour notre société et qui projette une mauvaise image de la jeunesse de Maurice, un pays très fréquenté par les touristes.

2. Kaseven : « la jeunesse mauricienne va mal» Kaseven, un habitant près d’une institution universitaire privée, explique que « parfois ce que je vois, va au-delà de la limite. Surtout ces jeunes filles qui boivent et qui fument». Il pense qu’il y a un gros problème d’ordre social à Maurice. « Vous imaginez ces gens qui seront les adultes de demain, et qui agissent comme des enfants». En plus de ces fléaux qui rongent les étudiants, Kaseven, parle d’un manque de respect à l’égard des personnes âgées. « Ils profèrent des jurons sur les lieux publics «  Dans son quartier, il y a une boutiquier qui a bâti sa réputation sur la vente de l’alcool et le tabac. « C’est un ‘baz seryer’ pour ces jeunes pour passer du bon temps entre copains».

 

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